L'histoire du Mas Reig, XIXe-XXIe S. : les friches agricoles
C) Les friches agricoles,
XXe-XXIe S.
a) La présence des chênes
Depuis les années 1980, la culture de la vigne connaît un net recul. De nombreuses vignes sont abandonnées, laissant un paysage viticole mité par de larges bandes de friches agricoles.
Les registres parcellaires graphiques (R.P.G.) disponibles sur le géoportail de l’I.G.N. permettent de localiser les deux types de cultures répertoriés en 2024 sur les terres qui couvraient le mas Reig : les vignes et les bois pâturés.
Les parties hautes de la vallée du Vall-Pompo sont couvertes de chênes-lièges, depuis la coma de Pascole jusqu’au serrat de Sainte-Marie, en passant par le point haut du col de Llagastera. La présence de chênes semble ancienne dans la partie haute de la vallée, puisqu’un lieu-dit des « rouvres blancs » est déjà mentionné dans l’inventaire après décès de 1796. En français, le nom « rouvre » désigne le « chêne moins haut que le chêne commun ». Ce terme vieillot, qui se retrouve dans la dénomination « chêne-rouvre », est tiré du nom latin « robur », catalanisé en « ruyras » dans l’un des toponymes de la vallée voisine de Cosprons au XIVe siècle, avec le « mas d’els ruyras » (le mas des chênes).
Selon le biologiste et Banyulenc Joseph Travé : « (...) Les bois de chêne-liège jouent un rôle crucial dans les écosystèmes naturels méditerranéens. Suite aux incendies majeurs qui ont ravagé le massif des Albères en 1976 et 1978, une équipe de l’Écologie terrestre du Laboratoire Arago a mené pendant plus de dix ans une étude sur l’impact de ces incendies sur la végétation, la flore et la faune des différents milieux. Les bois de chêne-liège sont particulièrement bien adaptés pour la protection de la biodiversité : insectes, arachnides, microarthropodes, oiseaux, reptiles, mammifères.
Sous les chênes poussent de nombreuses légumineuses dont les nodules favorisent la fixation de l'azote. Les bois de chêne-liège, de même que les arbres tels que les micocouliers, les pins pignons, les chênes-verts et les pins d’Alep, doivent impérativement être protégés. (...) ».
b) Le territoire du lézard ocellé
Toujours selon le biologiste et Banyulenc Joseph Travé, sur les versants est et ouest du "correc du Vall Pompo" : « (...) Parmi les espèces à préserver se trouve le lézard ocellé, le plus grand lézard d’Europe continentale, actuellement menacé de disparition. (...) ».
Ainsi, comme l'indique l’article 2 de l’arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur le territoire métropolitain, et les modalités de leur protection : « Pour les espèces d'amphibiens et de reptiles listées ci-après :
- 1° Il est interdit, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps :
- la destruction ou l'enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement des animaux ;
- la perturbation intentionnelle des animaux, dans la mesure où cette perturbation remet en cause le bon déroulement des cycles biologiques de l'espèce considérée.
- 2° Il est interdit sur les zones du territoire métropolitain où l'espèce est présente, ainsi que dans les aires de déplacement naturel des noyaux de populations existants, de détruire, altérer ou dégrader les sites de reproduction et les aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l'espèce, tant qu'ils sont effectivement utilisés au cours des cycles successifs de reproduction ou de repos, et pour autant que leur destruction, altération ou dégradation nuise à l'accomplissement de ces cycles biologiques. (...) (...) Lacertidés : (...) - Timon lepidus (Daudin, 1802) : Lézard ocellé (...) »
c) Le retour de l'élevage
En ce début de XXIe S., l'élevage est de retour sur le versant ouest du Serrat Santa-Maria.
Reprenant la bergerie utilisée par Anicet Deu jusque dans les années 1980, Pauline Llers a installé son troupeau de chèvres, ainsi que sa fromagerie. Ainsi, la partie haute des terres du Mas Reig voient à nouveau déambuler un troupeau de caprins sous ses pins, ses micocouliers et ses chênes.
Vous pouvez soutenir la bergère Pauline Llers, en devenant membre de l'association des amis de la bergerie, en vous rendant sur la page Helloasso, Adhésion à l'association les amis de la bergerie.
La page Facebook des amis de la bergerie de Banyuls
Sources :
- TRAVE Joseph,
- « L’écologie terrestre, une originalité pour une station marine », Chap. 9, In : JACQUES Guy et DESDEVISES Yves, Du Laboratoire Arago à l’Observatoire océanologique de Banyuls, Collec. « Patrimoines de La Sorbonne », Edition de La Sorbonne, Paris, 2010.
- « Fiches zoologiques et botaniques », In : FRANQUESA Jenar-Fèlix et BUDO-RICART Joan, Flora i fauna del espaï natural. L’Albera, Edition Brau, Barcelone,
- Arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles représentés sur le territoire métropolitain protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de protection, librement consultable sur le portail Légiférante
- L'Indépendant, "Banyuls-sur-Mer : Pauline Llers bergère et vigneronne présente sa bergerie", Article publié le 05/05/2025
- Géoportail I.G.N.
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