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P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer

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Sommaire
1) Présentation
     1.1) Transmettre
          1.1.1) Blogs 
          1.1.2) Livres
          1.1.3) Vidéos
          1.1.4) Expositions
          1.1.5) 
Scolaires
     1.2) Méthodologie
          1.2.1) Les axes de recherche
          1.2.2) Exemples 
     1.3) Sources
          1.3.1) 
Archives
          1.3.2) 
Bibliographie et sitographie

     1.4) Carte

2) Crêtes

     2.1) Politique
          2.1.1) Paroisse
          2.1.2) Féodalité
          2.1.3) Royautés
     2.2) Frontière
          2.2.1) Batailles, 1793-1794
          2.2.2) Surveillance, 1914-1918
          2.2.3) Evasion, 1942-1945
     2.3) Urbanisme
          2.3.1) L'habitat dispersé
          2.3.2) Hameau des Abeilles
     2.4) Economie
          2.4.1) Agriculture
          2.4.2) Hôtellerie

3) Collines

     3.1) Politique
          3.1.1) Etats Français
     3.2) Urbanisme
          3.2.1) Paroisse
          3.2.2) Hameaux del Puigo & de l'Horta
          3.2.3) Démographie
     3.3) Economie
          3.3.1) Agriculture
          3.3.2) Viticulture

4) Bord de mer
     4.1) Politique
          4.1.1) Fortifications
          4.1.2) République Française

          4.1.3) Commune

     4.2) Urbanisme
          4.2.1) Hameau des pécheurs
          4.2.2) Village littoral
          4.2.3) Rues et place 
          4.2.4) Paroisse

          4.2.5) Art

     4.3) Economie
          4.3.1) Pèche
          4.3.2) Contrebande
          4.3.3) Négoce de cabotage
          4.3.4) Elevage

          4.3.5) Dynamiterie

          4.3.6) Laboratoire Arago
          4.3.7) Tourisme

5) Personnalités
     5.1) Professions
          5.1.1) Militaires
          5.1.2) Marins
          5.1.3) Administratifs
          5.1.4) Maires
          5.1.5) Médical
          5.1.6) Entrepreneurs
          5.1.7) Ingénieurs et ouvriers
          5.1.8) Agriculteurs
          5.1.9) Artisans et employés
          5.1.10) Artistes
     5.2) Médaillés
          5.2.1) Légion d'Honneur
          5.2.2) 1914-1918
          5.2.3) 1942-1945
     5.3) Familles
          5.3.1) Azéma
          5.3.2) Bassères
          5.3.3) Baurès
          5.3.4) Coste-Sales
          5.3.5) Payro
     5.4) Individus
          5.4.1) Vincent Azéma
          5.4.2) Marius Douzans
          5.4.3) Sylvestre Douzans

          5.4.4) Adolphe d'Espie
          5.4.5) Aristide Maillol
5.4.5.1) 
Enfance banyulencque et études
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Présentation du blog et de ses auteurs
P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer

Ce blog est le fruit du travail collaboratif entre l'historienne de l'art Christine SALLES et le comité banyulenc du Souvenir Français, depuis 2014. Il poursuit un triple objectif :
1) présenter l'histoire du village de Banyuls-sur-Mer, au fil des recherches menées dans les divers dépôts d'archives ;
2) replacer l'histoire dans les lieux qui l'ont accueillie. Cette relocalisation est accessible via le menu horizontal situé sous la bannière titre, puisque les évènements historiques sont répartis dans les 3 espaces de la vallée : les crêtes, les collines et le bord de mer ;
3) informer sur l'histoire du village et la conservation de ses vestiges et oeuvres d'art.


Pour citer ce blog : SALLES ChristineL'histoire de la commune de Banyuls, au fil des recherches archivistiques, Blog P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer, http://phi66.canalblog.com/
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7 mai 2026

Les dynamiques des lignages sous l'Ancien régime, 1737-1785 : II. Morphologie générale du système matrimonial

II. Morphologie générale du système matrimonial

 

1. Le noyau central (N)

Le noyau central regroupe les familles REIG, MAILLOL, SAGOLS, PAGES, PY et VILAREM. Présents de manière continue entre 1737 et 1785 avec des niveaux élevés et relativement constants, ces lignages constituent l’ossature démographique et relationnelle du village. Leur permanence dans les registres contraste avec les fluctuations plus marquées des familles relais ou périphériques. Même lorsque certains lignages connaissent des phases de moindre visibilité, leur continuité n’est jamais véritablement remise en cause. Le noyau conserve ainsi une remarquable stabilité sur l’ensemble de la période.

Cette stabilité repose avant tout sur la densité des échanges matrimoniaux internes. Les familles du noyau s’allient régulièrement entre elles, créant un espace fortement interconnecté. Les unions REIG×SAGOLS, REIG×PAGES, REIG×MAILLOL, PY×REIG, VILAREM×REIG ou encore SAGOLS×PY apparaissent de façon récurrente dans les instantanés étudiés. Ces alliances répétées ne traduisent pas une fermeture complète du groupe, mais un mécanisme de reproduction sociale fondé sur l’échange permanent des membres entre lignages dominants. Le noyau fonctionne ainsi comme une endogamie de groupe qui assure la continuité et la cohésion du centre relationnel du village.

Cependant, ce noyau ne constitue pas un bloc figé. Les individus circulent continuellement par le mariage, tandis que les lignages demeurent stables sur le temps long. Cette distinction entre mobilité individuelle et permanence lignagère est essentielle pour comprendre le fonctionnement du système. Les familles centrales maintiennent leur position non parce que leurs membres restent immobiles, mais parce qu’elles renouvellent constamment leurs alliances internes et leur présence dans les registres.

Au cours de la période étudiée, la structure du noyau évolue également. Dans les années 1745-1755, la famille REIG apparaît comme le principal centre relationnel du système. Son omniprésence dans les alliances lui confère une position dominante qui dépasse largement le simple poids démographique. REIG stabilise le noyau par ses alliances internes, mais assure également les connexions avec les relais, la périphérie et parfois l’extérieur. Le lignage agit alors comme un véritable moteur de circulation des échanges matrimoniaux.

À partir des années 1765-1785, le système devient progressivement plus polycentrique. Si REIG conserve une position majeure, d’autres familles centrales renforcent leur rôle structurant. MAILLOL participe activement à l’ouverture du réseau vers les périphéries. SAGOLS multiplie les connexions avec les relais et joue un rôle important dans la circulation des alliances. PAGES occupe une position d’équilibre entre stabilité interne et ouverture relationnelle. PY demeure solidement intégré au cœur du système par ses alliances répétées avec REIG et SAGOLS, tandis que VILAREM confirme son appartenance durable au centre par ses unions régulières avec les principales familles du noyau.

Le noyau central ne doit donc pas être envisagé comme un simple groupe dominant fermé sur lui-même. Sa force repose au contraire sur sa capacité à maintenir une forte densité relationnelle tout en restant ouvert aux circulations venant des relais, des périphéries et de l’extérieur. La stabilité du centre ne provient pas de l’immobilité sociale, mais de la continuité des échanges matrimoniaux qui assurent sa reproduction sur plusieurs générations.

 

2. Les familles relais (R)

Autour du noyau central gravite un ensemble de familles intermédiaires constituant les relais du système matrimonial : MASSOT, MARCH, ATXER, REDE, ROCARIAS, PARCE, CABOT, GALANGAU, BATTLA [BAILLE], XELA [CHELE], MATHEU, PARER, MUNICH et DOUZANS. Présents de manière relativement continue entre 1737 et 1785, ces lignages connaissent toutefois des fluctuations plus marquées que les familles du noyau. Leur importance ne réside donc pas uniquement dans leur poids démographique, mais surtout dans leur fonction relationnelle.

Les relais assurent la circulation des alliances entre le noyau central et les espaces périphériques. Ils servent d’interface entre les grandes familles dominantes et les lignages plus fragiles ou récemment intégrés. Les unions répétées entre REIG, SAGOLS, PAGES ou MAILLOL avec MASSOT, PARER, REDE, ATXER ou DOUZANS montrent que le noyau s’appuie constamment sur ces familles intermédiaires pour élargir et renouveler son réseau matrimonial.

Dans les premiers instantanés, les relais apparaissent principalement comme des espaces de transition. En 1745, ils assurent encore surtout un rôle de connexion entre le centre et le reste de la communauté. Cependant, dès 1755 puis surtout en 1765, leur fonction évolue profondément. Les alliances R×R se multiplient : MASSOT s’allie avec PARER et BAILLE, REDE avec ROCARIAS, CABOT avec BATTLA, TRULLET avec REDE ou PARER. Les familles relais ne dépendent plus uniquement du noyau pour maintenir leur cohésion. Elles développent progressivement leur propre densité relationnelle.

Cette évolution marque une étape essentielle dans la structuration du village. Les relais deviennent un véritable espace intermédiaire autonome, capable de produire ses propres échanges matrimoniaux. Ils constituent désormais un nouvel étage du système social, situé entre le noyau dominant et les périphéries encore instables. Leur cohésion permet d’amortir les fluctuations démographiques et relationnelles qui affectent la communauté.

Les familles relais jouent également un rôle majeur dans l’intégration progressive des lignages périphériques. Les nouvelles familles entrent rarement directement dans le noyau. Elles passent d’abord par ces zones intermédiaires où les échanges sont plus ouverts et plus mobiles. Les relais assurent ainsi une fonction d’intégration, de diffusion et de stabilisation des circulations matrimoniales.

Au fil des décennies, certains lignages relais renforcent considérablement leur position. MASSOT, PARER, REDE ou ATXER deviennent de véritables connecteurs secondaires du système. D’autres, comme GALANGAU ou MUNICH, illustrent des trajectoires d’enracinement progressif. D’abord périphériques ou peu visibles, ils gagnent peu à peu en densité relationnelle grâce à leurs alliances répétées avec les relais puis avec certaines familles du noyau.

Ainsi, les familles relais apparaissent comme l’élément fondamental de cohésion du réseau matrimonial. Leur rôle dépasse largement celui d’une simple périphérie du noyau. Elles assurent la circulation des alliances, empêchent le repli du centre sur lui-même et permettent l’intégration progressive de nouveaux lignages au sein de la communauté.

 

3. La périphérie (P)

La périphérie regroupe les familles récemment intégrées au village ou faiblement représentées dans les registres, comme GUERRE, FERRER, FORGAS, COSTE ou ESCOUBEIROU. Contrairement aux familles du noyau ou des relais, ces lignages apparaissent de manière plus discontinue et disposent d’une densité relationnelle encore limitée. Leur présence témoigne néanmoins du renouvellement permanent de la communauté et de son ouverture vers l’extérieur.

Dans les premiers instantanés, les familles périphériques apparaissent principalement par des alliances avec le noyau ou les relais. Les unions MAILLOL×MAURI, REIG×GERBAL ou MASSOT×TRULLET montrent que leur intégration passe d’abord par des contacts avec des lignages déjà solidement implantés. La périphérie ne forme alors pas encore un espace autonome. Elle dépend largement des familles centrales et intermédiaires pour entrer dans le système matrimonial local.

Cette faible densité relationnelle explique la forte mobilité qui caractérise ces lignages. Certaines familles périphériques disparaissent rapidement des registres, tandis que d’autres s’enracinent progressivement grâce à la répétition des alliances. La périphérie constitue ainsi un espace instable mais essentiel au renouvellement du réseau villageois.

Au cours des décennies, certains lignages périphériques commencent toutefois à se stabiliser. GUERRE, ESCOUBEIROU, GRAU ou MAURI apparaissent de façon plus régulière dans les années 1775-1785. Leurs alliances avec les relais puis parfois avec le noyau traduisent un processus progressif d’intégration. Ces familles cessent alors d’être de simples lignages entrants pour devenir des composantes durables de la communauté.

La trajectoire de certaines familles illustre particulièrement ce phénomène. GALANGAU, encore périphérique dans les premiers instantanés, renforce progressivement sa position par ses alliances avec les relais puis avec le noyau. Cette évolution montre que les frontières entre périphérie et relais ne sont pas fixes. Les lignages peuvent changer de position au sein du système selon leur capacité à multiplier et stabiliser leurs échanges matrimoniaux.

La périphérie joue ainsi un rôle essentiel dans la dynamique du village. Elle constitue un espace d’ouverture et de renouvellement permanent des alliances. Même faiblement structurée, elle empêche le système matrimonial de se refermer entièrement sur lui-même. Les familles périphériques apportent de nouveaux liens, de nouvelles circulations et participent progressivement à l’élargissement du réseau relationnel de la communauté.
 

4. L’extérieur (X)

L’extérieur regroupe les familles ou les individus qui apparaissent ponctuellement dans les registres sans s’intégrer durablement au réseau matrimonial local. Il peut s’agir de lignages venus d’autres communautés, de familles simplement de passage, ou encore de patronymes féminins n’apparaissant qu’à l’occasion d’un mariage. Ces mentions restent souvent isolées et disparaissent rapidement des sources, soit parce que ces familles ne font pas souche dans le village, soit parce qu’elles sont progressivement absorbées par des lignages déjà établis.

La présence régulière de ces alliances extérieures montre cependant que la communauté n’est jamais totalement fermée sur elle-même. Même lorsque le noyau central apparaît fortement structuré et densément interconnecté, les échanges matrimoniaux avec l’extérieur demeurent constants. Les familles du noyau et des relais vont fréquemment chercher des épouses hors de la communauté, tandis que certaines femmes du village intègrent des lignages extérieurs. Ces unions assurent un renouvellement permanent des circulations relationnelles et empêchent le système matrimonial de se refermer entièrement.

Dans les premiers instantanés, l’extérieur apparaît surtout sous la forme d’alliances ponctuelles : PY avec BARRIS, DOUZANS avec AUGUET ou encore MASSOT avec MORATO. Ces unions restent relativement isolées, mais elles révèlent déjà l’existence d’échanges réguliers avec les villages voisins et les espaces extérieurs au réseau local.

Au fil du temps, ces connexions demeurent nombreuses. Les registres de 1755, 1765, 1775 et 1785 montrent une forte présence de patronymes extérieurs ou mal identifiés, souvent signalés par des mentions géographiques ou par l’absence de continuité lignagère dans les registres locaux. Certaines unions concernent des individus venus de Collioure, du Tech, de Montferrer, de Saint-Michel de Colera ou d’autres communautés environnantes. Cette mobilité montre que le village s’inscrit dans un espace relationnel plus large dépassant largement les frontières de la paroisse.

L’extérieur joue également un rôle important dans le renouvellement du système matrimonial. Les familles centrales utilisent régulièrement ces alliances pour élargir leurs réseaux sans remettre en cause leur cohésion interne. Le noyau demeure stable précisément parce qu’il reste capable d’intégrer des apports extérieurs tout en conservant sa forte densité relationnelle. Les flux venant de l’extérieur ne dissolvent donc pas le système ; ils participent au contraire à son équilibre en introduisant de nouvelles connexions.

Cependant, toutes les familles extérieures ne connaissent pas le même destin. Certaines disparaissent rapidement après une ou deux mentions, tandis que d’autres commencent progressivement à s’enraciner par des alliances répétées avec les relais ou la périphérie. Des lignages initialement extérieurs peuvent ainsi devenir périphériques, puis parfois relais au fil des générations. Le passage d’un espace à l’autre montre que les frontières du système matrimonial restent poreuses et évolutives.

L’extérieur ne constitue donc pas un simple espace marginal situé hors du village. Il représente une réserve relationnelle essentielle au fonctionnement de la communauté. Par les circulations qu’il entretient avec le noyau, les relais et la périphérie, il contribue au renouvellement des alliances, à l’intégration de nouveaux lignages et à l’ouverture permanente du réseau matrimonial villageois.

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7 mai 2026

Les dynamiques des lignages, sous l'Ancien régime, 1737-1785 : I. Le cadre

I. Le cadre

 

1. Objet de l’étude

Cette étude a pour objectif d’analyser la structure sociale et relationnelle d’une communauté villageoise à travers l’évolution des patronymes et des alliances matrimoniales entre 1737 et 1785. Plutôt que de considérer uniquement les variations démographiques globales, elle cherche à comprendre comment les familles se maintiennent, se développent, déclinent ou s’intègrent au sein du village sur plusieurs générations.

L’analyse repose d’abord sur la dynamique des patronymes. La fréquence d’apparition des noms de famille dans les registres permet d’identifier les lignages les plus durables, ceux qui structurent la communauté sur le temps long, mais également les familles plus fragiles, récemment implantées ou progressivement disparues. Les patronymes deviennent ainsi des indicateurs de stabilité, de mobilité et d’enracinement.

Cependant, l’étude ne se limite pas à une approche démographique ou statistique. Elle vise également à reconstituer le réseau matrimonial qui relie les familles entre elles. Chaque alliance constitue un lien social reliant deux lignages. L’accumulation de ces unions fait apparaître des zones plus ou moins denses, des familles fortement connectées, des groupes intermédiaires assurant les circulations, ainsi que des lignages périphériques en voie d’intégration.

L’objectif est donc de comprendre la structure relationnelle du village. La communauté n’est pas envisagée comme un simple agrégat d’habitants, mais comme un système organisé de relations entre familles. Certaines lignages occupent des positions centrales et assurent la stabilité du réseau, tandis que d’autres jouent des rôles de médiation, d’ouverture ou d’intégration. Le village apparaît ainsi comme un espace hiérarchisé mais mobile, où les équilibres sociaux se construisent par la circulation continue des alliances matrimoniales.

L’étude cherche enfin à articuler plusieurs échelles d’observation complémentaires : la démographie globale du village ; la dynamique de long terme des lignages ; les échanges matrimoniaux observables à des moments précis. Cette approche permet d’analyser simultanément la permanence des structures familiales et la mobilité constante des individus qui les composent.

 

2. Sources

L’étude repose principalement sur les registres paroissiaux de la communauté de la paroisse Saint-Jean l'Evangéliste de Banyuls del Maresma. Depuis le Moyen-Âge, la paroisse se compose au de la vallée centrale de Banyuls avec l'église paroissiale Saint-Jean l'Evangéliste, flanquée au sud de la vallée de Cerbère dont l'église Saint-Sauveur du correc de la Pedra fita est abandonnée depuis la fin du XVe siècle, et au nord la vallée de Cosprons avec son église Sainte-Marie rattachée à la paroissiale de Banyuls.

Les registres paroissiaux constituent la principale source permettant de reconstituer la présence des familles et leurs relations matrimoniales au cours du XVIIIe siècle.Les actes de baptême, de mariage et de sépulture permettent d’identifier les couples présents dans les registres, qu’il s’agisse : des couples se mariant durant l’année étudiée ; des couples déjà mariés déclarant la naissance, le mariage ou le décès d’un enfant ; ou encore des couples dont l’un des conjoints décède durant l’année observée. L’ensemble de ces mentions fournit un indicateur de visibilité des lignages dans la communauté et permet de suivre leur fréquence d’apparition au fil du temps.

Afin de rendre l’évolution du système matrimonial lisible, l’étude s’appuie sur plusieurs instantanés chronologiques répartis sur la période 1737-1785. Ces coupes décennales permettent d’observer la transformation progressive du réseau relationnel du village :

  • 1737 constitue un premier état démographique encore difficile à exploiter relationnellement ;
  • 1745 offre le premier instantané permettant d’identifier clairement les échanges matrimoniaux ;
  • 1755 montre une densification des relations entre familles ;
  • 1765 révèle l’autonomisation progressive des familles relais et la structuration plus nette des périphéries ;
  • 1775 laisse apparaître un système mature dans son fonctionnement et ses échanges ;
  • 1785 voit le noyau se stabiliser en devenant polycentrique, pendant que la périphérie s'intègre progressivement.

Ces instantanés ne restituent pas l’ensemble des unions contractées entre deux dates, mais ils permettent de saisir les grandes dynamiques de continuité, d’intégration et de recomposition des lignages au sein de la communauté. L’exploitation croisée des actes et des patronymes permet ainsi de passer d’une simple lecture démographique à une véritable analyse structurale du village et de ses réseaux familiaux.

 

3. Le modèle hypothétique

L’étude repose sur l’analyse croisée des registres paroissiaux et de l’état civil afin de reconstituer les dynamiques matrimoniales et la structure relationnelle de la communauté villageoise. Les actes de mariage, de baptême et de décès permettent d’identifier les couples présents dans les registres à différentes dates, puis de suivre la fréquence d’apparition des patronymes et leurs associations matrimoniales au fil du temps.

L’objectif n’est pas de mesurer la population ou le nombre de familles présentes, mais de comprendre comment les lignages s’articulent entre eux à travers les alliances. Chaque mariage constitue ainsi un lien relationnel entre deux familles. L’accumulation de ces unions fait apparaître des zones plus ou moins denses au sein du réseau matrimonial.

Afin de rendre cette structure lisible, les familles ont été réparties en quatre grands ensembles fonctionnels : le noyau central (N) ; les relais (R) ; la périphérie (P) ; l’extérieur (X).

Le noyau central regroupe les lignages présents de manière continue et fortement représentés tout au long de la période étudiée. Ces familles structurent durablement la démographie et les échanges matrimoniaux du village. Leur stabilité repose sur la répétition des alliances internes et sur leur capacité à maintenir une forte densité relationnelle.

Les familles relais occupent une position intermédiaire. Bien qu’elles soient elles aussi durablement présentes, leur visibilité fluctue davantage selon les périodes. Elles assurent la circulation entre le noyau et les périphéries, absorbent une partie de la mobilité sociale et participent à l’intégration des lignages entrants. Leur importance ne réside pas seulement dans leur poids numérique, mais dans leur fonction de connexion.

La périphérie rassemble les familles récemment intégrées ou faiblement représentées. Ces lignages apparaissent souvent de manière discontinue dans les registres et demeurent longtemps dépendants des alliances avec le noyau ou les relais pour s’enraciner durablement dans la communauté.

Enfin, l’extérieur désigne les familles de passage, les lignages venus d’autres localités ou les patronymes féminins qui n’apparaissent qu’occasionnellement. Certaines de ces familles disparaissent rapidement des registres, tandis que d’autres peuvent progressivement être absorbées dans le système matrimonial local.
L’analyse distingue constamment les individus des lignages. Les individus circulent par le mariage, changent de foyer, quittent parfois la communauté ou y entrent. Les lignages, au contraire, évoluent beaucoup plus lentement. Ils connaissent des phases de croissance, de déclin ou de consolidation selon la fréquence avec laquelle leurs membres apparaissent dans les registres et selon leur capacité à maintenir des alliances durables.

Cette distinction permet de comprendre que la mobilité observée dans les actes ne remet pas nécessairement en cause la stabilité globale du système. Les membres d’une famille peuvent être très mobiles socialement et relationnellement, alors que le lignage conserve une position stable au sein du réseau matrimonial.

L’ensemble de ces relations forme ainsi un véritable réseau. Les familles ne doivent pas être envisagées comme des unités isolées, mais comme des nœuds reliés entre eux par les alliances matrimoniales. Certaines familles occupent des positions centrales en multipliant les connexions, tandis que d’autres jouent des rôles d’interface ou d’intégration. Le système matrimonial apparaît alors comme une structure hiérarchisée mais ouverte, où la cohésion du groupe repose sur la circulation permanente des alliances.

 

4. Limites de l’étude

Cette reconstitution du réseau matrimonial demeure toutefois soumise à plusieurs limites documentaires et méthodologiques.

La principale difficulté concerne l’année 1737. Les registres mentionnent encore rarement les noms de famille des femmes mariées, ce qui empêche de reconstituer précisément les échanges matrimoniaux entre lignages. Cette absence interdit toute lecture fine des alliances et ne permet pas d’estimer avec certitude la position relationnelle des familles à cette date. L’année 1737 constitue ainsi davantage un point de départ démographique qu’un véritable instantané relationnel.

L’étude dépend également des biais propres aux registres paroissiaux et d’état civil. Certains actes sont lacunaires, imprécis ou difficiles à interpréter. Les variations orthographiques des patronymes compliquent parfois l’identification des lignages, tandis que certains individus apparaissent de manière fragmentaire selon les événements enregistrés. La visibilité d’une famille dans les sources ne reflète donc pas nécessairement son poids réel dans la communauté.

Par ailleurs, les instantanés étudiés ne constituent pas un suivi continu des alliances, mais des observations ponctuelles espacées dans le temps. Ils permettent d’identifier des tendances structurelles et des évolutions générales, mais ne rendent pas compte de l’ensemble des mouvements matrimoniaux intervenus entre deux dates. Certaines alliances ou certains lignages ont ainsi pu échapper à l’observation.

Enfin, la classification des familles entre noyau, relais, périphérie et extérieur repose sur une interprétation dynamique des données. Les frontières entre ces catégories ne sont pas totalement fixes. Certains lignages peuvent progressivement changer de position au cours du temps, passer de la périphérie aux relais, ou inversement décliner et disparaître. Le modèle proposé ne doit donc pas être compris comme une hiérarchie rigide, mais comme une représentation fonctionnelle des équilibres relationnels observés dans les registres.

 

4 mai 2026

La monarchie de juillet 1825, 1835, 1845

 

Année 1825

 

 

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E280, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1823-1832

 

NOTA BENE : La vallée de Cosprons qui appartenait à la paroisse de Banyuls depuis le Moyen-Âge, est extraite en 1824, afin de créer la commune de Port-Vendres. Ainsi, les familles installées dans la vallée de Cosprons sont désormais des citoyens de la nouvelle commune de Port-Vendres.

 

  1. AROLES Jean / SUQUET Catherine
  2. ATXER François (décédé le 06/06/1809) / GALANGAU Marguerite
  3. ATXER Jacques / CERBERE Marie (de Llança)
  4. BAILLE Bonaventure / DOUZANS Angélique
  5. BAILLE Matthieu (décédé le 16/06/1824) / PY Elisabeth
  6. BAILLE Pierre / PY Marie (de Cosprons => de Port-Vendres)
  7. BAILLE Sauveur / PY Marguerite
  8. BARBE Narcis / CAMBON Brigitte
  9. BASSERES François / REIG Anne Marie
  10. BAUX Bonaventure / VILAREM Marguerite
  11. BISBE Etienne (de la Selve de mer) / TROLLET Marguerite 
  12. BOHER Joseph / MAILLOL Magdelaine
  13. BONAFOS Jean / SAGOLS Marguerite
  14. BOSCH Pierre (de Llança) / VILA Maria
  15. BUIX Martin (d'Espagne) / GUISSET Marie
  16. CABOT François (décédé avant le décès de son fils Sauveur, le 22/01/1825) / PAGES Marguerite
  17. CABOT Sauveur / ROCARIAS Thérèse
  18. CASEL François (d'Espagne) / SAGOLS Rose
  19. CASTEILLO Jean / FABREGUE Marie
  20. CENTENE Jean / CABOT Rose
  21. CERBERE Vincent / LAURET Marianne
  22. CHALADE Raymond (d'Amélie-les-Bains) / GALANGAU Marie
  23. CHAVARDES François (de Narbonnes) / MAILLOL Marie
  24. CHELE Jacques / DOUGNAC Catherine
  25. COLOMINES Martin / MAILLOL Marie
  26. COLOMINES Martin / COLOMER Léparde
  27. COMEMALE Jean / CHELE Marie
  28. COMEMALE Michel / MAILLOL Rose (décédée le 16/11/1825)
  29. DOUZANS Pierre / [Illisible] Marie
  30. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  31. ESCATTLAR Simon (d'Espagne) / COURNIT Marie (d'Espagne) 
  32. ESCOUBEIROU Joseph / FERRER Marie
  33. FERRER Michel / VILAREM Marguerite
  34. GAÏDA Jacques / PRIM Marguerite
  35. GALANGAU François / SAGOSSE Grace
  36. GALANGAU Raphaël / BONAFOS Angélique 
  37. GUERRE Ferréol / GRAU Marie (décédée le 09/07/1825)
  38. GUERRE François / GRAU Rose
  39. GRAU Pierre / SURIACO Marie
  40. HERRE Pierre / MAURI Marguerite
  41. HERRE Sauveur / GALANGAU Rose
  42. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  43. LAURET Bonaventure / MASSOT Brigitte
  44. MAILLOL Barthélémi / BOCASSE Cécile
  45. MAILLOL Izidore (décédé le 12/05/1818) / SERADEILL Elisabeth 
  46. MAILLOL Jean / COSTE Thérèse
  47. MAILLOL Joseph / PY Marie (décédée avant le mariage de sa fille Marie le 05/02/1825) 
  48. MAILLOL Joseph / CABOT Rose
  49. MAILLOL Joseph / GUERRE Marie
  50. MALECAMP François (de Toulouges) / MAILLOL Marie (veuve de SAGOLS Pierre)
  51. MARCH André / SAGOLS Marie
  52. MARCH Pierre / ATXER Eléonore
  53. MASSOT Jean / PY Thérèse
  54. MASSOT Pierre / GALANGAU Anne Marie
  55. MOLY Jacques / MONICH Marie
  56. MONICH Pierre / REDE Laure
  57. OUILLE Joseph / MIGUEL Marie
  58. PAGES Jean / ESCOUBEIROU Thérèse
  59. PARCE Honoré / SAGOLS Marie
  60. PARCE Joseph / SERRE Rose 
  61. PARCE Pierre / MASSOT Thérèse
  62. PY François (de Cosprons => de Port-Vendres) / BAILLE Elisabeth
  63. PY Jean / CHELE Marie
  64. PY Joseph (décédé le 29/07/1809) / PAGES Agnès
  65. PY Matthieu / MAILLOL Marguerite
  66. REIG François / VILAREM Anne
  67. REIG François / FORGAS Marie
  68. REIG Pierre / PAGES Marguerite
  69. ROCARIES André / CAMBON Marguerite
  70. ROCARIES Joseph / BERNIQUEL Françoise
  71. ROMAND Jacques / ORIOL Marie
  72. SAGOLS Ferréol / PY Agnès (de Cosprons => de Port-Vendres)
  73. SAGOLS Jacques / FORGAS Rose
  74. SAGOLS Jean / PY Marguerite
  75. SAGOLS Jean / SAGOLS Victoire
  76. SAGOLS Joseph / BAGNERES Françoise
  77. SAGOLS Joseph / GALANGAU Thérèse
  78. SAGOLS Maurice (veuf de SOLANE Marguerite) / VILAREM Rose (veuve de FERRER Michel) 
  79. SAGOLS Vincent / LAURET Josèphe
  80. SOLER Joseph (de La Junquéra) / MARCH Marie 
  81. TROLLET Jean (décédé le 11/07/1819) / MASSOT Anne
  82. VILAREM François (décédé le 12/01/1819) / FERRER Anne 
  83. VILAREM Jean (décédé le 16/06/1817) / MASSOT Anne
  84. VILAREM Vincent / SAGOLS Tècle

 

Année 1835


 
Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E281, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1833-1842
 

  1. ALCOVER Marianno (décédé le 03/10/1833) / REIG Cécile
  2. ALZINE Julien / CAZALINS Gertrude
  3. AROLES Jean / SOUQUET Catherine
  4. AROLES Sébastien / NOGUES Marie
  5. ATXER Sébastien / MASSOT Rose
  6. AZEMA Jean / PY Marianne (décédée le 21/01/1835)
  7. BAILLE Ferréol / MATHEU Angélique
  8. BAILLE François / REIG Marie (veuve de BAILLE Mathias) => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommée Catherine née hors mariage, le 24/01/1835, avant de se marier le 15/071835
  9. BAILLE Vincent / FERRER Marianne
  10. BAILLS Pierre / COLL Marie
  11. BAILLS Raphaël / SERRE Françoise
  12. BARBE Fabrisse / CAMBON Brigitte
  13. BARBE Jacques / PRATS Anne
  14. BARBE Jean / PY Marie
  15. BARDETES Philippe (de Palada) / PAGES Marie
  16. BARRERA Jean ou Sauveur selon les actes (de Gérona) / CABOT Anne Marie
  17. BASSERES Pierre / SAGOLS Marguerite
  18. BAUX Michel / VILAREM Thérèse
  19. BEC Ferréol / VILAR Marguerite
  20. BISBE Etienne (d'Espagne) / TROLLET Louise
  21. BLANC Antoine / TROLLET Catherine
  22. BONAFOS Honoré / MAILLOL Brigitte
  23. BOTET Jean / CENTENE Marie
  24. BOUTET Pierre de Aiguatébia) / MAILLOL Marie
  25. CABOT François (veuf en 2nde noce de MAILLOL Marie & fils des défunts CABOT François / SAGOLS Brigitte "décédés à Bagnous sur mer l'année 1794, époque à laquelle la commune était envahie par les Espagnols") / PY Françoise (de Bagur & veuve en 2nde noce de GIBERT Joseph)
  26. CABOT Jean (décédé le 11/09/1928) / PARER Anne
  27. CARBONELL Jean / BAUX Elisabeth
  28. CAMPERE Etienne (décédé le 09/12/1812) / ROCARIAS Thérèse
  29. CASTAGNE Vincent / BOSCH Marguerite
  30. CERBERE Joseph / AUGUSTI Marie
  31. CERBERE Pierre / ESCOUBEÏROU Agnès (de Port-Vendres & décédée le 05/09/1735)
  32. CERBERE Raphaël / [Illisible] Françoise
  33. CHALADE Raymond / GALANGAU Marie
  34. COLOMINES Côme / JUNCAS Marianne
  35. COLOMINES Pierre / BARDIE Thérèse (d'Espolla & décédée avant le décès de son fils Mathieu le 25/02/1835)
  36. COMEMALE Jean / FERRER Thérèse
  37. COMEMALE Jean / CHELE Rose (décédée le 13/10/1832)
  38. COROMINAS Pierre / ATXER Rose
  39. COSTE François / CENTENE Catherine
  40. COSTE Raymond / CABOT Marguerite
  41. DALMAU Pierre (d'Espagne) / BEAUFORT Brigitte
  42. DOUZANS Hyacinthe / PY Marie
  43. DOUZANS Silvestre / BONNET Elisabeth
  44. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  45. DRAPER Jean / HOLLET Marisse (mineure)
  46. DRAPER Pierre / MATHEU Elisabeth
  47. ESCATLLAR Simon / MATHEU Marie
  48. ESCOUBEÏROU Joseph / FERRER Marie
  49. FALCUN Paul (d'Italie) / VILLADET Antoinette
  50. FERRER Jean / PARCE Juste
  51. FERRER Jean Ange (décédé le 01/10/1822) / TURON Marie
  52. FERRER Michel / VILAREM Marguerite
  53. FIGUERES Joseph (d'Espagne) / MAILLOL Marguerite
  54. FINE Joseph / MAS Cécile
  55. FONT Gaudérique / BAUX Marguerite
  56. FONT Gaudérique (décédé avant le décès de son fils Gaudérique le 10/101735) / MAILLOL Catherine
  57. FORGAS Jean / COSTE Anne
  58. FORGAS Laurens / ALCOVER Thérèse
  59. GALANGAU Jacques / REDE Marie
  60. GALANGAU Sauveur / FERRER Anne
  61. GUERRE Jacques / PAGES Catherine
  62. GUERRE Jean / PAGES Catherine
  63. GRAU François / PARCE Marthe (décédée le 04/04/1835)
  64. GRAU Jean / SAGOLS Catherine
  65. GRAU Pierre (de Catllard & décédé le 30/09/1735) / SURIANO Marie
  66. HERRE Jean / TROLLET Anne
  67. HOLLET Joseph / CAMPERE Thérèse
  68. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  69. LANES Joseph / BONAFOS Catherine
  70. MAILLOL André / DARNER Anne
  71. MAILLOL François (décédé le 10/10/1834) / BAILLE Marguerite
  72. MAILLOL Gilles / BUIX Eugénie
  73. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse (décédée le 28/01/1835)
  74. MAILLOL Jean / DARNER Thérèse
  75. MAILLOL Joseph / PY Rose
  76. MAILLOL Sylvestre / FERRER Marie
  77. MARCH Jean / VILAREM Claire
  78. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  79. MARIOTTI Joseph / DOUGNAC Marie
  80. MARIOTTI Pierre / REIG Sibane  => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommé Marie née hors mariage.
  81. MASSAGUE Ange (de Saint-Laurent-de-la-Salanque & décédé le 16/10/1835) / FURTON Marie  
  82. MASSOT Bonaventure / SAGOLS Catherine
  83. MASSOT François / PY Thérèse
  84. MASSOT Martin (décédé le 21/11/1835) / FERRER Thérèse
  85. MATHEU François / SAGOLS Marie
  86. MONICH François / PRATS Rose
  87. MONICH Jean / CASALS Elisabeth
  88. MONICH Joseph / BARBE Rose
  89. MOREAU François / [Illisible] Tècle
  90. MOURETTE Jacques (décédé le 13/10/1831) / PARER Marguerite
  91. NADAL Joseph / REIG Eulalie => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommé Marguerite née hors mariage.
  92. NONDEDEU Antoine / MASSOT Marie
  93. NONDEDEU Jean Antoine / BAUX Rose
  94. OUVRE François / SALES Marianne
  95. PAGES François / REDE Magdelaine (décédée le 01/12/1824)
  96. PAGES Michel / REIG Marguerite
  97. PAGES Pierre / PY Françoise (veuve de BAILLE Pierre) 
  98. PAGES Pierre / CALSINA Paule (de Colèra)
  99. PAGES Raphaël / BAILLE Ursule (décédée le 17/09/1731)
  100. PAIAREU Joseph (de Llança) / PURJADES Thérèse
  101. PARER Jean / REIG Rose
  102. PARCE Baptiste / CHELE Catherine
  103. PARCE Baptiste / FONT Claire
  104. PARCE Honoré (décédé le 26/10/1835) / SAGOLS Marie
  105. PARCE Jean / ALCOVER Cécile
  106. PARCE Pierre / MATHEU Françoise
  107. PARCE Jean (décédé le 01/06/1830) / MARBE Brigitte
  108. PARCE Pierre / MASSOT Thérèse
  109. PAYRO Jean (de Villelongue-dels-Monts) / SALVI Rose
  110. PRATS Joseph / MOURETTE Marie
  111. PUJOL Jean / SOLANE Françoise
  112. PY Barthélémi / MAILLOL Thérèse
  113. PY François / REIG Thérèse
  114. PY Jean / MASSOT Marie (décédée le 23/12/1835)
  115. PY Matthias / MAILLOL Marguerite
  116. RAMIO Jérôme / SERRE Thècle
  117. REIG François (décédé le 19/06/1831) / PY Marie
  118. REIG Joseph / ATXER Rose (décédé le 27/12/1835)
  119. REIG Pierre / BOUTET Catherine
  120. REIG Pierre / PARCE Bénédicte
  121. RIBES Alain / PAGES Françoise (décédée le 12/02/1835)
  122. RIBES Bonaventure / DRAPER Marie
  123. ROCARIAS André / CAMBON Marguerite
  124. ROCARIAS François / ESCOUBEÏROU Thérèse
  125. ROIG Jean / AROLES Rose
  126. SAGOLS Bonaventure / HOLLET Marguerite
  127. SAGOLS François / LAURET Brigitte
  128. SAGOLS Jean / MARCH Marguerite
  129. SAGOLS Jean / REIG Elisabeth
  130. SAGOLS Joseph / GALANGAU Thérèse
  131. SAGOLS Pierre / ALOUGES Claire
  132. SAGOLS Raymond (décédé le 14 mari 1735) / REDE Marie
  133. SALA Cyprien / COLOMINES Marie
  134. SARDA Antoine (de Saint-Laurent-de-la-Salanque) / JALABERT Françoise (d'Elne & veuve de BOIX Joseph)
  135. TOCABENS Gaudérique / RODO Catherine (de Saint-Clement Secèbes)
  136. TOCABENS Pierre / CAMPS Anne
  137. TROLLET Jean Antoine (décédé le 16/07/1819) / MASSOT Anne
  138. TROLLET Michel / COSTE Marie
  139. VASSAL Jean / DESSEAUX Adélaïde
  140. VERNET Augustin / GRIMAU Thérèse
  141. VILA Michel (d'Espagne) / BOSCH Thérèse 
  142. VILAREM François / PAGES Ursule
  143. VILAREM Jean / BAILLE Claire (décédée le 12/09/1832)
  144. VILAREM Jean / DATIU Thérèse
  145. VILAREM Jean (veuf de REIG Thècle) / FERRER Magdelaine (mineure)
  146. VILAREM George / TROLLET Françoise
  147. VILAREM Pierre / GARIDOU Thérèse
  148. VILAREM Raphaël / CAZES Thérèse
4 mai 2026

Les stratégies matrimoniales (1795-1815)

Analyse comparative des familles dominantes, 1737-1815

 

Les familles au long cours


Cinq familles apparaissent dans la quasi-totalité de nos instantanés sur l'ensemble de la période 1737-1815 : REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES et PI / PY. Leur présence régulière, malgré le traumatisme de 1793-1794, suggère un enracinement profond dans la communauté banyulencque.

REITX semble rester la famille la plus puissante démographiquement sur toute la période, avec 37 occurrences sur 1737-1785, puis 26 sur la seule période 1795-1815, confirmant une position dominante que même la guerre n'a pas ébranlée durablement.

 

Les familles dont la présence se réduit


Plusieurs familles importantes dans les registres paroissiaux 1737-1785 semblent s'effacer progressivement dans nos instantanés après 1795 :

  • BARBA, qui totalisait 9 occurrences sur 1737-1785, n'apparaît plus qu'à 2 reprises en 1795 et 2 en 1815, avec une absence totale en 1805.
  • PARER, solidement implantée avec 10 occurrences sur 1737-1785, se réduit à 2 occurrences en 1795, 2 en 1805 et aucune en 1815.
  • BATTLA suit une trajectoire similaire.
  • DOUSANS, présent avec 8 occurrences sur 1737-1785, n'apparaît plus qu'à 3 reprises en 1795, 1 en 1805 et 2 en 1815.

Ces observations doivent cependant être interprétées avec prudence. La nature même de notre dépouillement, un instantané tous les dix ans, ne permet pas d'affirmer que ces familles sont en déclin structurel. Elles peuvent très bien être présentes dans les années non dépouillées.

 

Les familles dont la présence s'affirme


À l'inverse, plusieurs familles peu représentées ou absentes dans les registres paroissiaux semblent s'affirmer dans nos instantanés dès 1795 : 

  • CABOT, modeste avec 8 occurrences sur 1737-1785, apparaît avec une fréquence croissante culminant à 7 occurrences en 1815.
  • ESCOUBEIROU présente avec 9 occurrences entre 1737 et 1785, double sa présence avec 9 mentions en 1795, 4 en 1805 et 5 en 1815. 
  • GUERRA, absente de nos instantanés paroissiaux, s'installe avec 4 occurrences en 1805 et 6 en 1815.
  • VILAREM, stable avec 12 occurrences sur 1737-1785, progresse nettement avec 6 occurrences en 1815.

 

Les nouvelles familles structurantes

  • FORGAS, totalement absente de nos instantanés paroissiaux, apparaît avec 4 occurrences en 1805 et 2 en 1815, s'intégrant progressivement au tissu social de Banyuls.
  • FERRER, présente mais discrète dans les registres paroissiaux avec 5 occurrences sur 1737-1785, connaît quant à elle une progression remarquable avec 7 occurrences en 1805 et 3 en 1815, s'affirmant comme une famille désormais structurante dans la communauté.
  • COSTA, présente de façon discrète avec 1 occurrence en 1737, 1 en 1765 et 1 en 1785, connaît une progression notable avec 4 occurrences en 1795 (dont un père prisonnier de guerre en Espagne) et 5 en 1805, avant de revenir à 2 en 1815. 

 

Une communauté transformée mais fidèle à elle-même

À ce stade de l'analyse, 1737-1815, la communauté banyulencque apparaît à la fois transformée et fidèle à elle-même : 

  • Transformée, car la guerre de 1793-1794 semble avoir redistribué les équilibres entre familles, accéléré le recul de certaines lignées dans nos instantanés et favorisé l'émergence de nouvelles.
  • Fidèle à elle-même, car le noyau endogame des grandes familles, REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PI / PY, demeure visible dans chacun de nos instantanés, perpétuant sur générations après générations les mêmes stratégies matrimoniales observées depuis 1737.
     

Les familles les plus citées

 

en 1795, 1805 & 1815

 

NOMS 1795 1805 1815 TOTAL
REIG 6 13 7 26
MAILLOL 9 7 8 24
SAGOLS 3 9 8 20
PAGES 8 5 6 19
ESCOUBEIROU 9 4 5 18
PY 7 5 5 17
VILAREM 3 3 6 12
CABOT 2 2 7 11
COSTE 4 5 2 11
GUERRE 0 4 6 10
FERRER 0 7 4 10
ATXER 4 3 2 9
MASSOT 3 3 3 9
BATTLA 2 4 2 8
ROCARIAS 3 2 3 8
CHELE 3 2 2 7
REDE 2 2 3 7
FORGAS 0 4 2 6
MARCH 1 2 3 6
PARCE 1 2 3 6
MATHEU 2 2 2 6
GALANGAU 1 0 4 5
MUNICH 1 1 3 5

 

4 mai 2026

Le récapitulatif des noms de familles de 1795 à 1815 (L-Z)

Lettre L

 

NOMS 1795 1805 1815
LAFONT 0 0 1
LAFORGE 0 1 0
LAURET / LAURE / LLAURE 0 0 2
LLERRAS 1 0 0
LLOBERE 1 0 0

 

Lettre M

 

NOMS 1795 1805 1815
MACAYE 1 0 0
MADERN 2 0 0
MALLOL / MAILLOL / MAŸLLOL 9 7 8
MALE 0 1 0
MARC / MARCH 1 2 3
MARILL 0 0 1
MARSAL 0 0 1
MASSOT 3 3 3
MATHEU / MATHIEU 2 2 2
MAURI / MAURY 2 1 0
MIRO 0 0 1
MISBACAS 0 1 0
MOLI / MOLY 0 1 1
MONICH / MONIQUE / MOUNIC / MUNICH 1 1 3

 

Lettre N

 

NOMS 1795 1805 1815
NOGUET 1 0 0
NONGAILLARD 1 0 0

 

Lettre O

 

NOMS 1795 1805 1815
ORRIOL 2 0 0

 

Lettre P

 

NOMS 1795 1805 1815
PADERN 0 1 0
PAGES 8 5 6
PAIROTTE 0 1 0
PARCE 1 2 3
PARE / PARER 2 2 0
PAU 1 0 0
PAYRO 0 1 0
PY 7 5 5
PLA 0 0 1
PRATS 0 1 0
PRIM 0 1 0

 

Lettre Q

 

Néant

Lettre R

 

NOMS 1795 1805 1815
RAMEY 0 1 1
RAYMAND 0 1 0
REDE 2 2 3
REIG / REICHE / REITX 6 13 7
RETSA 1 0 0
REVER 0 1 0
RIBAS / RIBES 2 2 2
ROCALAURE 0 1 0
ROCARIAS / RAUQUARIES / ROQUARIES 3 2 3
ROMAN 0 0 1
ROMEU 0 1 0
ROQUE 1 0 0
ROUSSELL 0 0 1

 

Lettre S

 

NOMS 1795 1805 1815
SAGOLS 3 9 8
SALES 0 1 0
SALVI 0 0 1
SARADEL 2 0 0
SARAT 0 1 1
SICAREL 0 1 0
SOLANE / SOLANES 1 0 2
SOUGNE / SOUGNIE 0 0 1

 

Lettre T

 

NOMS 1795 1805 1815
TOSAS 0 0 1
TRIES 0 1 0
TROUILLET / TRULLET / TROLLET 1 1 0

 

Lettre U

 

Néant

Lettre V

 

NOMS 1795 1805 1815
VALLES 1 0 0
VALLS / BAILLS 0 1 1
VILA 0 1 0
VILAR 0 0 1
VILAREM / VILLAREM 3 3 6
VINGNES 0 0 1

 

Lettre W

 

Néant

Lettre X

 

Néant

Lettre Y

 

Néant

Lettre Z

 

Néant

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3 mai 2026

Le récapitulatif des noms de familles de 1795 à 1815 (A-K)

Lettre A

 

NOMS 1795 1805 1815
AROLES 0 1 1
ATXER / ACHERS / ACHER / ACHE 4 3 2
AUDRAN 0 1 0
AYAX 0 2 0
AZEMA 0 0 1

 

Lettre B

 

NOMS 1795 1805 1815
BARBA / BARBE 2 0 2
BARRIOL 1 0 0
BASSERES 0 1 0
BATTLA / BAILLE 2 4 2
BAUS / BAUX 1 3 1
BEC 0 1 0
BECE 1 0 0
BLANC 0 0 1
BOHER 0 0 1
BONAFOS 2 0 2
BOUIX 0 0 1
BROUGAT 0 1 0

 

Lettre C

 

NOMS 1795 1805 1815
CABOT 2 2 7
CADENA / CADENE 0 0 1
CAMPAGNOL 0 1 0
CANAS 1 0 0
CARLES 0 1 1
CASES 0 1 0
CASALS / CAZALS 1 0 0
CASTAGNE 0 1 0
CASTELLO 0 0 1
CENTENE 0 0 1
CERBERE / CERVERE 1 0 1
CHELA / CHELE 3 2 2
COC 1 0 0
COLLA 1 0 0
COLLOM 1 0 0
COLOMER 1 0 0
COLOMINES 0 2 0
COMAS 0 1 0
COME 0 0 1
CORBERE 0 0 2

 

COSTA / COSSTA / COSTE 4 5 2

 

 

Lettre D

 

NOMS 1795 1805 1815
DARNER 0 0 1
DAIGUES 1 0 0
DIAS 1 0 0
DOUNIACH 0 1 2
DOUCENGA 1 0 0
DOUSANS / DOUZANS 3 1 2
DRAPER 0 1 0
DYAES 0 1 0

 

Lettre E

 

NOM 1795 1805 1815
ESCOUBEIROU / ESCOUBEÏROU 9 4 5

 

Lettre F

 

NOMS 1795 1805 1815
FABREGUE 0 0 1
FENOUILLET 0 1 1
FERRE / FERRER 0 7 3
FORGAS 0 4 2
FOUCHAC 0 1 0
FOUCHARE 1 0 0
FRANCES 0 0 1

 

Lettre G

 

NOMS 1795 1805 1815
GABY 1 0 0
GAIDA 0 1 0
GAGET 0 0 1
GALANGAU / GALLANGAUT 1 0 4
GAYOL 0 0 1
GERBAL 0 1 0
GIROU 0 1 0
GRANES 0 1 0
GRAU 0 1 0
GUERRA / GUERRE 0 4 6
GUISTAL 0 0 1

 

Lettre H

 

NOMS 1795 1805 1815
HERRE 0 0 2
HOLLET 0 0 1
HORTANCI 0 1 0

 

Lettre I

 

Néant

Lettre J

 

NOMS 1795 1805 1815
JORDA 1 0 2
JOUANOLE 0 0 1
JOUNCAS 0 1 0

 

Lettre K

 

Néant

3 mai 2026

Ier Empire, Restauration & Cent jours 1805 (11 nivôse An XIII-10 nivôse An XIV), 1815

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E278, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, An XI (1802)-1812

 

  1. AROLES Raÿmond / VILAREM Rose
  2. ATXER Antoine / MAILLOL Marie (décédé le 22 prairial An XIII)
  3. ATXER Bonaventure / MAILLOL Anne
  4. AUDRAN Marianon / REIG Cécile (couple non marié mais ayant déclaré la naissance d'un enfant le 11 floréal An XIII) 
  5. AYAX Joseph (décédé le 24 prairial An XIII) / REIG Catherine
  6. AYAX Joseph / GUERRE Rose (décédé avant le décès de son fils Joseph le 24 prairial An XIII) 
  7. BAILLE Matthias / PŸ Elisabeth
  8. BAILLE Sauveur / PŸ Marguerite
  9. BASSERES François / REIG Anne Marie
  10. BAUX Joseph / REVER Rose
  11. BAUX Laurent / CARBOUILL Marcelle (décédée avant le mariage de son fils Matthias le 13 vendémiaire An XIV)
  12. BAUX Matthias / COSSI Juste
  13. BEC Jacques / PAIROTTE Marie
  14. BROUGAT Jacques (de Figuèras) / HORTANCI Josèphe (de Figuèras)
  15. CABOT François / MAILLOL Marie
  16. CABOT Jean / PARER Anne
  17. CASES Gaspar (de Burrado) / SAGOLS Gente (mineure)
  18. CASTAGNE Paul / VILA Françoise
  19. COLOMINES François (décédé le 02/03/1782) / BERGER Marguerite
  20. COLOMINES Michel / PAGES Marie
  21. COMAS michel (orphelin mineur) / MISBACAS Marguerite (de Cantallops)
  22. COSTE Jean / SAGOLS Marguerite
  23. COSTE Cirile / REIG Marguerite
  24. DOUGNAC Michel / RIBES Catherine (décédée le 30 brumaire An XIV)
  25. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  26. DŸAES Joseph (décédé avant la naissance de sa fille Agnès le 04 nivôse An XIV) / REIG Catherine
  27. ESCOUBEÏROU Michel / FORGAS Marie
  28. ESCOUBEIROU Pierre / MAURŸ Thérèse
  29. ESCOUBEÏROU Vincent / RAUCARIES Catherine
  30. FERRE Antoine / SAGOLS Claire
  31. FERRER Jean Ange / TOURONY Marie
  32. FERRER Izidore / MASSOT Rose
  33. FOGAS Jean (décédé avant le mariage de sa fille Marie, le 17 vendémiaire An XIV) / MUNICH Rose
  34. FORGAS Laurens / REIG Madelaine
  35. FOUCHAC Jean / REDE Marguerite
  36. GAÏDA Etienne / SICAREL Gulia
  37. GIROU Rafaël (de la Selva) / COSTE Marie 
  38. GRANES Pierre (de Palau-del-Vidre) / PAGES Marguerite 
  39. GUERRE André (décédé le 28 fructidor An II) / PARCE Catherine
  40. GUERRE François / GRAU Marguerite
  41. GUERRE Gaudérique / LAURE Françoise
  42. JOUNCAS Izidore / MATHEU Françoise
  43. LAFORGE Jean / FERRE Marie
  44. MAILLOL François / BAILLS Marguerite
  45. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse
  46. MAILLOL Jean (décédé le 24 frimaire An VI) / GALŸ Marie (décédée le 1er nivôse An XIV)
  47. MAILLOL Pierre / RAMEŸ Marguerite
  48. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  49. MASSOT Martin / FERRER Thérèse
  50. MATHEU Jean / COLOMINES Elisabeth
  51. MOLŸ Jacques / GUERRE Agnès
  52. ORIOL Paul / MAILLOL Thérèse (décédé le 12 germinal An XIII)
  53. PAGES François / REDE Cécile
  54. PAGES Paul / FENOUILLET Françoise
  55. PAGES Pierre / GERBAL Marguerite
  56. PAGES Raphaël / BAILLE Ursule
  57. PARCE Baptiste / CHELE Catherine
  58. PARCE Joseph / COSTE [Illisible]
  59. PARER Joseph / SAGOLS Rose
  60. PAŸRO Jean / BAUX Marie
  61. PRATS Joseph / PŸ Françoise
  62. PŸ François / ATXER Paule
  63. PŸ Barthélémi / BAILLE Marie 
  64. RAŸMAND Marc (de Gruissan) / CAMPAGNOL Jeanne (de Collioure)
  65. REIG André / SAGOLS Elisabeth 
  66. REIG André (décédé avant le mariage de son fils André le 1er jour complémentaire An XIII) / CERBERE Marianne
  67. REIG François / COLOMER Catherine
  68. REIG François / FORGAS Marie
  69. REIG François / PŸ Marie
  70. REIG Paul / CARLES Marie
  71. REIG Silvestre / SAGOLS Rose
  72. RIBES Pierre / FERRER Marie
  73. ROCALAURE Pierre / ALLEGRE Marie
  74. ROCARIES Joseph (décédé le 25 vendémiaire An XIV) / PADERN Juste
  75. ROMEU Joseph / MALE Rose
  76. SAGOLS Antoine / PARER Rose (décédée avant le mariage de sa fille Gente, le 25 floréal An XIII)
  77. SAGOLS François / [X] Françoise
  78. SAGOLS Jean / PŸ Marguerite
  79. SAGOLS Raÿmond / COSTE Rose
  80. SAGOLS Vincent (décédé le 04 messidor An II) / MARCH Anne 
  81. SALES Pierre (de Santa-Pau) / TOSAS Rose (de Santa-Pau & décédée le 05 messidor An XIII)
  82. SALES Pierre veuf de TOSAS Rose / SOUGNIE Marie (de Sant-Kirk de Colera)
  83. SARRAT Jacques / ESCOUBEIROU Marthe
  84. TROLLET Jean / MASSOT Anne
  85. VILAREM Cosme / DOUZANS Eulalie
  86. VILAREM François / FERRER Anne
  87. VILAREM Pierre / CHELE Grâce

 

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E279, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1813-1822

 

  1. AROLES Jean / BOUQUET Catherine
  2. AZEMA Vincent / BAUX Thérèse
  3. BAILLE Sauveur / PY Marguerite
  4. BAILLS Vincent / GAYOL Marthe
  5. BARBE Joseph / PAGES Françoise
  6. BLANC Jean / FORGAS Marguerite
  7. BOHER Joseph / MAILLOL Magdelaine
  8. BONAFOS Honoré / MUNICH Rose
  9. BONAFOS Honoré / SAGOLS Marguerite
  10. BOUIX Martin / GUISTAL Marie
  11. CABOT Antoine (décédé avant le mariage de son fils François, le 27/05/1815) / GUERRE Marie
  12. CABOT François / BARBE Marie
  13. CABOT François / ROCARIES Juste (veuve de CAMPAUX Etienne)
  14. CABOT François / PAGES Elisabeth (mineure)
  15. CABOT Joseph / CORBERE Marianne (veuve de PAGES François)
  16. CABOT Joseph / GALANGAU Marie
  17. CABOT Sauveur / ROCARIES Thérèse
  18. CADENE Jean / REIG Rose
  19. CASTELLO Jean / FABREGUE Marie
  20. CENTENE Joseph (de Prats-de-Mollo, décédé le 09/09/1815) / HERRE Rose
  21. CERBERE Vincent / LAURET Marianne
  22. CHELE Antoine (décédé avant le mariage de son fils Jean, le 19/05/1815) / CARLES Baudile
  23. CHELE Jean / DOUGNAC Catherine
  24. CORBERE Pierre / MARCH Magdelaine
  25. COSTE Pierre / ATXER Thérèse
  26. DOUGNAC Michel / GUERRE Rose (décédée avant le mariage de sa fille Catherine, le 19/05/1815)
  27. ESCOUBEIROU Joseph / GUERRE Marie
  28. ESCOUBEIROU Pierre / GUERRE Catherine
  29. FERRER Jean-Ange / TOURON Marie
  30. FORGAS Gabriel / ATXER Marie
  31. FRANCES Vincent (de Collioure) / ESCOUBEIROU Catherine (mineure)
  32. GAGET Jean / REIG Lucie
  33. GALANGAU François / SAGOLS Marthe
  34. GALANGAU Joseph / DOUZANS Anne
  35. GUERRE André / PARCE Catherine
  36. GUERRE Gaudérique / LLAURE Françoise
  37. HERRE Sauveur / GALANGAU Rose
  38. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  39. JOUANOLE Izidore / MATHEU Françoise
  40. LAFONT Michel / MAILLOL Elisabeth
  41. MAILLOL Izidore / MARILL Elisabeth
  42. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse
  43. MAILLOL Joseph / CABOT Rose
  44. MAILLOL Jean / DARNER Maresca
  45. MAILLOL Pierre ou Michel selon les déclarations / COSTE Thérèse
  46. MAILLOL Pierre / RAMEY Catherine
  47. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  48. MASSOT Jean / PY Thérèse
  49. MASSOT Martin / FERRER Thérèse
  50. MASSOT Pierre / GALANGAU Marie
  51. MATLLO François (de Calde de Malaville et veuf de NORILL Marie) / GUERRE Thérèse
  52. MIRO Jean (de Commany) / CANTAINGS Rose (de Maçanet)
  53. MOLY Jacques (de Saint-André-del-Mont et veuf de GUERRE Agnès) / MUNICH Marie
  54. MONICH Joseph / BARBE Rose
  55. MOŸ Jacques (décédé avant la naissance de Marguerite la fille de sa femme le 31/12/1815) / CERBERE Marie (veuve de MOŸ Jacques)
  56. MUNICH Pierre / REDE Lucie
  57. MUNICH Pierre / MAILLOL Marguerite
  58. PAGES Jean / ESCOUBEÏROU Thérèse
  59. PAGES Paul / FENOUILLET Françoise
  60. PARCE Joseph (orphelin dont les parents PARCE Antoine & MADERN Marie sont morts en 1794) / MAILLOL Brigitte
  61. PLA Jacques / [X] Catherine
  62. PY François / CABOT Thérèse
  63. PY Honoré / COMES Thérèse
  64. PY Pierre / ESCOUBEIROU Marie
  65. REIG Matthias / MARCH Marguerite
  66. REIG Pierre / PAGES Marie
  67. RIBES Joseph / MARSAL Marguerite
  68. ROCARIES Antoine (décédé avant le mariage de sa fille Juste le 27/05/1815) / CABOT Thérèse
  69. SAGOLS Jean / PY Marguerite
  70. SAGOLS Jean / VILAREM Anne
  71. SAGOLS Raymond / REDE Marie
  72. SAGOLS Raymond (décédé avant le décès de son fils Raymond le 02/09/1815) / VILAREM Grace
  73. SAGOLS Vincent / LAURET Josèphe
  74. SALVI Joseph / ROUSSELL Brigitte
  75. SARRAT Baudile / ROMAN Louise
  76. SOLANE Bonaventure / JORDA Ritte
  77. SOLANE Joseph / MURI Marie
  78. SOUGNE Jean / FRECHE Lucie
  79. TRIES Michel (de Coléra) / PARCHES Catherine (de Coléra)
  80. VINGNES Joseph / ESCOUBEIROU Françoise
  81. VILAR Jacques / JORDA Françoise
  82. VILAREM André / REIG Marguerite
  83. VILAREM Cosme / DOUZANS Eulalie
  84. VILAREM François / REIG [Illisible]
  85. VILAREM Jean / BAILLE Claire
  86. VILAREM Vincent / SAGOLS Tècle

Analyse


La période 1795-1815 illustre parfaitement la reconstitution puis la consolidation démographique de Banyuls après le traumatisme de 1793-1794. Le passage de 630 habitants en 1793 à 755 en 1800, 1032 en 1806 puis 1497 en 1821 se traduit directement dans les registres par une augmentation significative du nombre de couples recensés : 69 en 1795, 87 en 1805, 86 en 1815. Cette croissance concrète, mesurée famille par famille, témoigne de la vitalité retrouvée de la communauté.

 

La consolidation du noyau endogame
 

La tendance la plus frappante sur la période est le spectaculaire rebond de REITX, qui passe de 6 occurrences en 1795 à 13 en 1805, retrouvant ainsi sa position dominante observée dans les registres paroissiaux 1737-1785, avant de se maintenir solidement en 1815. SAGOLS connaît une progression comparable, passant de 3 occurrences en 1795 à 9 en 1805. Ces deux familles, momentanément affaiblies par la guerre, confirment leur enracinement profond dans la communauté.

MAILLOL recule légèrement de 9 à 7 occurrences entre 1795 et 1805, mais reste une famille majeure en 1815. PAGES, PI/PY et VILAREM maintiennent une présence stable sur toute la période, témoignant de la solidité du noyau endogame. CABOT connaît quant à lui une expansion remarquable, passant de 2 occurrences en 1795 et 1805 à 7 en 1815, suggérant une famille en pleine croissance démographique.

 

L'émergence et l'affirmation de nouvelles familles structurantes
 

Entre 1795 et 1815, certaines familles absentes ou marginales en 1795 s'affirment progressivement comme des acteurs importants de la communauté. FERRER apparaît avec 7 occurrences en 1805 alors qu'elle était absente en 1795. GUERRA s'installe durablement, passant de 4 occurrences en 1805 à 6 en 1815, tout comme ESCOUBEIROU et GALANGAU qui confirment leur présence. Ces familles, venues combler le vide démographique de 1793-1794, sont désormais pleinement intégrées à la communauté banyulencque.

 

La persistance des stratégies matrimoniales
 

Malgré ces bouleversements, les grandes familles endogames, comme REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PARER, REDE, VILAREM, continuent de se marier entre elles, perpétuant les logiques observées depuis 1737. On marie toujours des MAILLOL avec des CABOT, des SAGOLS avec des VILAREM, des REITX avec des PAGES. L'exogamie reste présente, comme en témoignent les mentions explicites de conjoints venus de Figuères, Burrado, Palau-del-Vidre, Gruissan, Collioure, Santa-Pau, Sant-Kirk de Colera, Commany ou Coléra, mais elle concerne toujours principalement les familles moins implantées.

 

Une communauté qui garde ses traces de guerre


La mention explicite de PARCE Joseph, orphelin dont les parents sont morts en 1794, rappelle que les séquelles humaines de la guerre franco-espagnole sont encore présentes vingt ans après. Cette trace mémorielle dans les actes d'état civil illustre la profondeur des traumatismes laissés par la période 1793-1794 dans la communauté banyulencque.

2 mai 2026

Ière République : 1795 (12 nivôse An III-10 nivôse An IV)

La source et ses rédacteurs

Le présent dépouillement porte sur le premier registre d'état civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, conservé aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales sous la cote Série 2E275-277. Pour l'année 1795, deux officiers municipaux se succèdent à la rédaction des actes :

  1. ROCARIAS André, du 12 nivôse An III au 22 brumaire An IV (1er janvier au 13 novembre 1795) : Pêcheur et fils de brassier, ROCARIAS André maîtrise imparfaitement le français. Ses actes mêlent les deux calendriers, phonétisent les noms catalans et présentent une graphie approximative. Il ne note par ailleurs pas systématiquement les noms de jeune fille des épouses et féminise leurs noms de famille (MALLOL devient MALLOLA), rendant leur identification parfois délicate.
  2. CABOT François à partir du 23 brumaire jusqu'au 10 nivôse An IV (14 novembre au 31 décembre 1795) :  Mieux formé à l'usage du français écrit, il produit des actes sensiblement plus lisibles et plus rigoureux, dans un français toujours mâtiné de catalan mais parfaitement compréhensible.

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E275-277, Registre de la municipalité de Banyuls-sur-Mer, An II-An X (1793-1801)

 

  1. ACHERS [ATXER] François (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Paule le ? pluviôse An III) / PAGES Rose
  2. ACHERS [ATXER] Michel / REICHE [REITX] Marie
  3. ACHERS [ATXER] Pierre / DAIGUES Francesca
  4. BAILLE [BATTLA] Jean / PY Claire
  5. BARBA Genaro / MALLOL Margarida
  6. BARBA Jossep / ACHERS [ATXER] Ana
  7. BONAFOS Honoré (décédé avant le mariage de son fils Jean le 20 germinal An III) / PAGES Roze
  8. BONAFOS Jean / RAUQUARIAS Marie
  9. CABOT Antoni (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Rose le 20 germinal An III) / [X] Marie
  10. CAZALS Jean / CANAS Mariane (de Llança)
  11. CERBERE Pierre / [X] Magdeleine
  12. COC Gerome (d'Argeles) / MAURI Rose
  13. COLOMER Louis (de Collioure) / PŸ Catherine
  14. COSSTA Joan / COLLOM Rossa
  15. COSTA Jacques (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Bénédicte le ? pluviôse An III) / REICHE [REITX] Catherine
  16. COSTE Pierre / PAGES Juste
  17. COSTE Raphaël / MAILLOL Mariange
  18. DIAS Antoine / [X] Metille
  19. FOUCHARE Jean (de Roquaforta) / REDA Marguerite
  20. GALLANGAUT Raphaël / [X] Angèle
  21. LLERAS Gil / [X] Marie
  22. LOUBERES Jean / [X] Françoise
  23. MACAŸE Pierre (de Collioure et veuf d'une première noce) / PŸ Francisque
  24. MADERN Joseph / [Illisible] Marie
  25. MAILLOL Jean / GABŸ Magdelaine
  26. MALLOL Josep / CABOT Rose
  27. MALLOL Vicens (décédé avant la naissance de sa fille Rosa, le 07/02/1795) / PAGES Rosa
  28. MALLOL Vincens / BASSUNA Maria
  29. MALLOL Vincent / [X] Victoire
  30. MAŸLLOL Sidore / SARADEL Issebel
  31. MARC André / SAGOLS Anne
  32. MASSOT Jean (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Anne le 1er germinal An III) / BARRIOL Anne (décédée avant le mariage de sa fille Anne le 1er germinal An III)
  33. MATHIEU Jacques / PAGES Angélique
  34. MATHIEU Girome / MADERN Therese
  35. MAURI Silvestre / SAGOLS Margarida
  36. NOGUET Jean (de Prats-de-Mollol) / DOUCENGA Roze (de Prats-de-Mollo)
  37. NONGAILLARD Joseph (de Claira) / BAILLE Françoise
  38. ORRIOL Baldare / [X] Narcisse
  39. ORRIOL Paul / MAILLOL Taireza (âgée de 14 ans)
  40. PAGES Frances / RAUQUARIAS Juste (décédée le 18/06/1795)
  41. PAGES Jossep / [X] Marie
  42. PAGES Manuel / BECE Catharina (de Prats-de-Mollo)
  43. PAGES Pierre dit "Cardine" / COLLA Juste
  44. PARCE Josep / COSTA Bénédicte
  45. PARER Joseph / MOUNIC [MUNICH] Marie
  46. PŸ François / ACHERS [ATXER] Paule
  47. PŸ François (décédé avant le mariage de sa fille Catherine, le 24 pluviôse An III) / MAILLOL Catherine
  48. PŸ François (décédé avant le mariage de sa fille Francisque le 30 pluviôse An III) / MONIQUE [MUNICH] Marguerite
  49. PŸ François / MAILLOL Therese
  50. PY Joseph / BAUS Thereze
  51. PŸ [X] / RETSA Maria
  52. RAUQUARIAS André (officier municipal) / CABOT Taressa
  53. REDA [Illisible] / [X] [Illisible]
  54. REDA Pierre / PARE Marguerite
  55. REICHE [REITX] Sebastian (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Marie, le ? pluviôse An III) / ROQUARIES Rose
  56. REIG François / CHELA Marguerite
  57. REIG François / PŸ Marie
  58. REIG Jean / ATXE [ATXER] Elisabeth
  59. RIBAS Jean / MASSOT Margarida
  60. RIBAS Pierre / [X] Marie
  61. ROQUE Joseph (de Perpignan) / REICHE [REITX] Rose 
  62. SARADEL Joaquim / JORDA Marie
  63. SAGOLS Jacques / [X] Rose
  64. SOULLANA [SOLANES] Bartellemi / MALLOL Marguerida
  65. TROUILLET [TRULLET] Jean / MASSOT Anne
  66. VALLES Baptiste (de Llança) / PAU Marguerite
  67. VILAREM André / REIG Marguerite
  68. VILLAREM Frances (officier municipal) / [X] Maria
  69. VILAREM Paul / CHELA Elisabeth

Analyse


La guerre franco-espagnole de 1792-1795 constitue le fait structurant qui conditionne l'ensemble des données de 1795. L'occupation espagnole du 15 décembre 1793 au 27 mai 1794 plonge Banyuls dans une crise sans précédent : 8 habitants tués lors de la bataille du Puig-del-Mas les 15 et 16 décembre 1793, 108 Banyulencs déportés le 16 décembre dans les prisons espagnoles, soit plus d'un tiers des hommes que la commune pouvait mobiliser, dont certains transférés jusqu'au camp de travail d'Orotava sur l'île de Tenerife. La famine qui s'ensuit provoque une surmortalité sans précédent : 137 décès contre 30 en moyenne les années précédentes, avec un pic de 2 morts par jour entre le 19 février et le 20 mars 1794. En l'espace de quelques mois, la commune passe de 1200 habitants en 1789 à 630 en 1793.


Les traces de ce traumatisme sont directement lisibles dans les actes de 1795. Cinq pères de famille ATXER (écrit ACHERS) François, CABOT Antoni, COSTA Jacques, MASSOT Jean et REIG (écrit REICHE) Sébastien, sont encore prisonniers de guerre dans les geôles espagnoles lors des mariages de leurs enfants. Les nombreuses mentions de pères et mères décédés avant le mariage de leurs enfants témoignent quant à elles de l'ampleur de la surmortalité de 1793-1794.


Ce vide démographique brutal appelle un renouvellement de la population. La rupture la plus spectaculaire par rapport aux registres paroissiaux 1737-1785 est en effet l'apparition massive de familles nouvelles, dont plusieurs sont explicitement identifiées comme extérieures à la commune : COC Gerome d'Argelès, COLOMER Louis et MACAYE Pierre de Collioure, FOUCHARE Jean de Roquaforta, NOGUET Jean et PAGES Manuel de Prats-de-Mollo, NONGAILLARD Joseph de Claira, VALLES Baptiste de Llança, ROQUE Joseph de Perpignan. Ces arrivées ne sont pas le fruit du hasard. Elles reflètent la nécessité pour une communauté exsangue de combler ses besoins en main d'œuvre et en habitants, en ouvrant ses portes à des familles venues des paroisses et communes voisines.


Pourtant, malgré l'ampleur du bouleversement, la communauté banyulencque révèle une remarquable capacité de résilience. Les grandes familles implantées depuis le début du XVIIIe siècle sont encore bien présentes en 1795 : MAILLOL (9 occurrences), PAGES (8), PI / PY (7) et REIG (6) restent les familles les plus représentées, confirmant un enracinement que même la guerre n'a pas réussi à effacer. SAGOLS, ROCARIAS, VILAREM et MASSOT maintiennent également une présence significative.


Cette résilience se manifeste également dans la persistance des stratégies matrimoniales. Les grandes familles continuent en 1795 de se marier entre elles, des MAILLOL avec des PAGES, des SAGOLS avec des MARCH, des REITX avec des CHELE, perpétuant ainsi les logiques endogames observées tout au long de la période 1737-1785. Mais la guerre a profondément modifié les équilibres. L'exogamie s'accentue nettement, avec l'entrée dans la communauté de nombreuses femmes aux noms nouveaux, BASSUNA, COLLOM, DAIGUES, DOUCENGA, GABY, SARADEL ..., venues de l'extérieur. Cette double dynamique, endogamie des familles établies, exogamie croissante liée au renouvellement démographique imposé par la guerre, témoigne de la capacité de la communauté banyulencque à se reconstituer après le traumatisme de 1793-1794, tout en préservant ses structures sociales et matrimoniales fondamentales. Cette double dynamique se traduit d'ailleurs concrètement dans le nombre de couples. Avec 69 couples recensées en 1795 contre 61 en 1785, la communauté banyulencque manifeste une volonté explicite de se reconstruire après le traumatisme de 1793-1794.

1 mai 2026

Les stratégies matrimoniales (1737-1785)

I. Un noyau endogame dominant


A) Les grandes familles se marient entre elles

Les familles REIG, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PARER, REDE et VILAREM forment un réseau matrimonial largement endogame sur l’ensemble de la période. Elles fournissent à la fois des époux et des épouses, ce qui suggère une logique de consolidation patrimoniale et de maintien des équilibres familiaux au sein de la communauté.

 

B) Des dynamiques familiales contrastées au sein de ce noyau

Certaines familles connaissent une progression marquée, comme ATXER, MARCH ou GALANGAU, tandis que d'autres déclinent progressivement, telles BARBE ou BATTLE. Ces évolutions redistribuent les équilibres internes sans remettre en cause l’existence du noyau endogame.

 

II. Une exogamie féminine révélatrice

 

A) Des femmes venues d'ailleurs

Un nombre significatif de femmes aux noms uniques comme SANTAREILLE, POMAROLAS, VILARDELL, COMMEMALE, GIRONELLE, ROUDIERE, TROUNYO, PRIMAIRE..., n'apparaissent qu'une seule fois dans les registres. Elles viennent probablement de l'extérieur de la paroisse et épousent des hommes de Banyuls soit moins bien dotés, soit des cadets sans héritage.

 

B) Une ouverture géographique croissante

Les mentions explicites de conjoints originaires d’autres paroisses comme Collioure, Argelès, Montferrer, Thuir, se multiplient à partir des années 1780, suggérant une ouverture progressive des réseaux matrimoniaux. Cette évolution ne remet pas en cause le noyau endogame, mais introduit une diversification croissante des alliances.


Cette asymétrie suggère un modèle matrimonial dans lequel les hommes s’inscrivent majoritairement dans la continuité locale, tandis que les femmes constituent le principal vecteur d’ouverture.

 

III. Une communauté en croissance

 

A) Le quasi doublement des couples en 50 ans

1737 : 37 couples
1745 : 31 couples
1755 : 36 couples
1765 : 46 couples
1775 : 50 couples
1785 : 61 couples

 

B) Une communauté qui s'ouvre et s'accroît

Le nombre total d’occurrences augmente régulièrement entre 1737 et 1785, avec une accélération notable dans les années 1780 marquée par l’apparition de nombreux noms nouveaux. Cette croissance démographique s’accompagne d’une diversification des origines, signe d’une communauté dynamique et attractive pour les populations des paroisses voisines.

 

IV. Hypothèse d'une corrélation entre démographie familiale et patrimoine

La fréquence d’apparition d’un nom de famille dans les registres paroissiaux peut constituer un indicateur indirect de la puissance patrimoniale d’une famille. En effet, une famille nombreuse et durablement implantée, comme les REIG (37 occurrences), les SAGOLS (24) ou les MAILLOL (20), suppose une assise foncière suffisante pour entretenir plusieurs générations.


Cependant, les registres paroissiaux ne permettent pas de distinguer clairement propriétaires et exploitants. Une famille nombreuse peut l’être en raison de ses possessions, mais aussi parce qu’elle constitue une main-d’œuvre agricole au service de familles mieux dotées.


Pour valider cette hypothèse, il serait nécessaire de croiser ces données avec des sources notariales tels les contrats de mariage, les testaments, les actes de vente, ainsi qu’avec les plans cadastraux napoléoniens de 1814. Un tel travail dépasse toutefois le cadre de la présente étude.


Cette hypothèse doit donc être envisagée comme une piste de recherche. Elle est cohérente avec les observations, mais ne peut être démontrée avec les seules sources mobilisées ici. Elle invite à dépasser les registres paroissiaux pour mieux saisir les hiérarchies sociales locales.

 

Les familles les plus citées

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785 TOTAL
REIG 4 4 7 7 10 5 37
SAGOLS 1 4 3 5 7 4 24
MAILLOL 3 3 1 4 3 6 20
PAGES 3 1 1 3 2 5 15
ATXER 1 2 2 0 6 3 14
REDE 2 1 3 2 3 2 13
MASSOT 0 2 4 3 1 3 13
VILAREM 2 0 2 2 2 4 12
PI / PY 2 1 1 2 3 2 11
MARCH 0 1 0 1 3 5 10
PARER 1 2 2 3 1 1 10
BARBE 3 4 1 0 1 0 9
BATTLE 2 0 1 3 1 2 9
ESCOUBEIROU 1 0 1 2 3 2 9
CABOT 2 0 0 3 1 2 8
DOUSANS 0 2 0 3 0 3 8
CHELE 1 0 1 2 1 2 7
GALANGAU 1 1 0 0 1 4 7
JORDA 0 0 1 2 0 3 6
ROCARIAS 0 0 1 2 2 1 6

 

1 mai 2026

Le récapitulatif des noms de familles de 1737 à 1785 (L-Z)

Lettre L

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
LARASON 0 0 1 0 0 0
LAURET / LAURIET 1 0 0 1 1 1
LHOSTA 0 0 0 0 0 2
LARGUET / LLARGUET 0 0 0 0 1 1
LLOBERA 0 1 0 0 0 1
LLOBET 0 0 0 0 1 0

 

Lettre M

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
MALLOL / MAILLOL 3 3 1 4 3 6
MAJORAL 0 0 0 0 1 0
MARCH 0 1 0 1 3 5
MARILL 0 0 1 0 0 0
MASSOT 0 2 4 3 1 3
MATHEU 0 0 0 1 0 0
MAURI / MAURY 0 1 1 0 0 2
MOLI 0 0 0 0 0 1
MORATO 0 0 1 0 0 0
MOY 0 0 0 0 1 0
MUNICH 0 1 0 0 1 3

 

Lettre N

 

Néant

Lettre O

 

Néant

Lettre P

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
PADERN 0 0 1 0 0 0
PAGES 3 1 1 3 2 5
PARCE 2 0 1 1 0 1
PARER 1 2 2 3 1 1
PI / PY 2 1 1 2 3 2
PLA 0 0 0 1 0 0
POMAROLAS 0 0 0 1 0 0
PRIMAIRE 0 0 0 0 0 1
PAROT 0 0 0 0 0 1

 

Lettre Q

 

Néant

Lettre R

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
RAFARD 1 0 0 0 0 0
REDA / REDE 2 1 3 3 3 2
REIG / REIX / REITX 4 4 7 7 10 5
REY 0 0 0 0 1 0
RIBAS / RIBES 0 0 1 1 0 0
ROCA 0 0 2 1 0 0
ROCARI / ROCARIAS / ROCARIES 0 0 1 2 2 1
ROLLAND 0 0 1 1 0 1
ROMEU 0 0 0 1 0 0
ROQUET 0 0 0 0 1 0

 

Lettre S

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
SAGOLS 1 4 3 5 7 4
SALA 0 0 0 0 0 1
SANTAREILLE 0 0 1 0 0 0
SOLANES 0 0 0 0 0 1
SOULIER 0 0 0 1 0 0

 

Lettre T

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
TROUNYO 0 0 0 0 0 1
TRULLET 0 1 2 0 0 0

 

Lettre U

 

Néant

Lettre V

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785
VAGAS 0 0 0 0 1 0
VALLS 1 1 0 0 1 2
VILA 0 0 0 1 0 0
VILARDELL 0 0 1 0 0 0
VILAREM 2 0 2 2 2 4
VILLANOVE 0 0 0 0 0 1

 

Lettre W

 

Néant

Lettre X

 

NOM 1737 1745 1755 1765 1775 1785
XELA / CHELE 1 0 1 2 1 2

 

Lettre Y

 

Néant

Lettre Z

 

Néant

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