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P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer

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Sommaire
1) Présentation
     1.1) Transmettre
          1.1.1) Blogs 
          1.1.2) Livres
          1.1.3) Vidéos
          1.1.4) Expositions
          1.1.5) 
Scolaires
     1.2) Méthodologie
          1.2.1) Les axes de recherche
          1.2.2) Exemples 
     1.3) Sources
          1.3.1) 
Archives
          1.3.2) 
Bibliographie et sitographie

     1.4) Carte

2) Crêtes

     2.1) Politique
          2.1.1) Paroisse
          2.1.2) Féodalité
          2.1.3) Royautés
     2.2) Frontière
          2.2.1) Batailles, 1793-1794
          2.2.2) Surveillance, 1914-1918
          2.2.3) Evasion, 1942-1945
     2.3) Urbanisme
          2.3.1) L'habitat dispersé
          2.3.2) Hameau des Abeilles
     2.4) Economie
          2.4.1) Agriculture
          2.4.2) Hôtellerie

3) Collines

     3.1) Politique
          3.1.1) Etats Français
     3.2) Urbanisme
          3.2.1) Paroisse
          3.2.2) Hameaux del Puigo & de l'Horta
          3.2.3) Démographie
     3.3) Economie
          3.3.1) Agriculture
          3.3.2) Viticulture

4) Bord de mer
     4.1) Politique
          4.1.1) Fortifications
          4.1.2) République Française

          4.1.3) Commune

     4.2) Urbanisme
          4.2.1) Hameau des pécheurs
          4.2.2) Village littoral
          4.2.3) Rues et place 
          4.2.4) Paroisse

          4.2.5) Art

     4.3) Economie
          4.3.1) Pèche
          4.3.2) Contrebande
          4.3.3) Négoce de cabotage
          4.3.4) Elevage

          4.3.5) Dynamiterie

          4.3.6) Laboratoire Arago
          4.3.7) Tourisme

5) Personnalités
     5.1) Professions
          5.1.1) Militaires
          5.1.2) Marins
          5.1.3) Administratifs
          5.1.4) Maires
          5.1.5) Médical
          5.1.6) Entrepreneurs
          5.1.7) Ingénieurs et ouvriers
          5.1.8) Agriculteurs
          5.1.9) Artisans et employés
          5.1.10) Artistes
     5.2) Médaillés
          5.2.1) Légion d'Honneur
          5.2.2) 1914-1918
          5.2.3) 1942-1945
     5.3) Familles
          5.3.1) Azéma
          5.3.2) Bassères
          5.3.3) Baurès
          5.3.4) Coste-Sales
          5.3.5) Payro
     5.4) Individus
          5.4.1) Vincent Azéma
          5.4.2) Marius Douzans
          5.4.3) Sylvestre Douzans

          5.4.4) Adolphe d'Espie
          5.4.5) Aristide Maillol
5.4.5.1) 
Enfance banyulencque et études
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Présentation du blog et de ses auteurs
P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer

Ce blog est le fruit du travail collaboratif entre l'historienne de l'art Christine SALLES et le comité banyulenc du Souvenir Français, depuis 2014. Il poursuit un triple objectif :
1) présenter l'histoire du village de Banyuls-sur-Mer, au fil des recherches menées dans les divers dépôts d'archives ;
2) replacer l'histoire dans les lieux qui l'ont accueillie. Cette relocalisation est accessible via le menu horizontal situé sous la bannière titre, puisque les évènements historiques sont répartis dans les 3 espaces de la vallée : les crêtes, les collines et le bord de mer ;
3) informer sur l'histoire du village et la conservation de ses vestiges et oeuvres d'art.


Pour citer ce blog : SALLES Christine, L'histoire de la commune de Banyuls, au fil des recherches archivistiques, Blog P.H.I. : Patrimoines et Histoires d'Ici, l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer, http://phi66.canalblog.com/
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7 mai 2026

Les dynamiques des lignages sous l'Ancien régime, 1737-1785 : III. Evolution chronologique du réseau matrimonial

a. 1737 : un système encore illisible

Ce premier instantané pose deux problèmes. D'une part, sa position initiale interdit toute comparaison avec les années précédentes. Ainsi l'ouverture de ce premier registre constitue une plongée dans un système inconnu qui se dévoile au fil des pages. D'autre part, le curé Roquet qui tient ce premier registre ne note quasiment jamais le nom de famille des femmes. Il ne note que leur nom d'épouse. Cette lacune nous empêche de suivre les dynamiques matrimoniales qui se nouent entre les familles.

Néanmoins, les occurrences des noms de familles font apparaître les différents pôles qui composent le système : 

Noyau : MALLOL, PAGES, PY, REIG, SAGOLS, VILAREM
Relais : ATXER, BARBE, BATTLA [BAILLE], CABOT, PARCE, PARER, REDA, XELA [CHELE]
Périphérie : AZEMA, CADENE, COSTE, ESCOUBEIROU, FERRER, LAURET, VALLS 

b. 1745 : le premier instantané relationnel

L’année 1745 constitue le premier véritable instantané permettant d’observer le fonctionnement du réseau matrimonial villageois. Contrairement à 1737, où l’absence fréquente des noms de femmes limite fortement l’analyse des échanges entre lignages, les registres de 1745 rendent désormais visibles les alliances et les circulations matrimoniales entre familles. Le village apparaît alors comme un système déjà structuré, organisé autour d’un noyau central dense, appuyé sur des relais intermédiaires et ouvert vers des périphéries encore en formation.

L’ensemble du réseau fonctionne selon une logique hiérarchisée mais relativement ouverte. Les grandes familles centrales dominent les échanges matrimoniaux, mais elles ne vivent pas en vase clos. Elles s’appuient sur des lignages intermédiaires pour intégrer progressivement de nouvelles familles et maintenir la circulation des alliances à l’intérieur de la communauté.

 

1. Les alliances au sein du noyau (N×N)

Les échanges matrimoniaux internes au noyau montrent l’existence d’un espace fortement interconnecté. Les familles REIG, SAGOLS, PAGES et MAILLOL s’allient directement entre elles à plusieurs reprises :

REIG Antoine × PAGES Marguerite ;
REIG Jean × SAGOLS Elisabeth ;
REIG Paul × MAILLOL Thérèse ;
SAGOLS Jacques × PAGES Thérèse.

Ces unions révèlent une véritable endogamie de groupe. Le noyau ne se reproduit pas par l’isolement d’un seul lignage dominant, mais par des échanges réciproques entre plusieurs familles centrales. Les alliances répétées assurent ainsi la continuité et la cohésion du cœur relationnel du village.

Au sein de cet ensemble, la famille REIG occupe déjà une position particulière. Présente dans plusieurs unions majeures, elle apparaît comme le principal lignage connecteur du système. Par ses alliances multiples avec PAGES, SAGOLS et MAILLOL, elle contribue directement à structurer les échanges internes du noyau et à stabiliser l’ensemble du réseau matrimonial.

 

2. Les alliances entre noyau et relais (N×R)

Le noyau ne se limite pas à ses alliances internes. Il entretient également des relations régulières avec plusieurs familles relais, notamment BARBE, DOUZANS et PARER :

BARBE Jacques × PAGES Rose ;
BARBE Phélip × SAGOLS Rose ;
DOUZANS Jean × SAGOLS Marguerite ;
PAGES Jean × BARBE Rose ;
PARER Antoine × REIG Anne.

Ces unions montrent que les familles relais jouent déjà un rôle essentiel d’interface entre le noyau et le reste de la communauté. Le noyau recrute des épouses dans ces lignages intermédiaires, mais y place également certaines de ses filles. Les échanges sont donc réciproques et contribuent à élargir le réseau relationnel sans remettre en cause la domination du centre.

Cette circulation matrimoniale entre noyau et relais constitue l’un des mécanismes essentiels de stabilité du système. Les familles relais permettent au noyau de maintenir son ouverture tout en conservant sa forte cohésion interne.

 

3. Les alliances entre relais (R×R)

Les relais ne dépendent pas exclusivement du noyau pour assurer leur cohésion. Dès 1745, certaines familles intermédiaires développent leurs propres échanges matrimoniaux : ATXER Jean Ange × PARER Marguerite.

Même si ces alliances restent encore peu nombreuses, elles sont importantes car elles montrent l’émergence progressive d’un espace relationnel autonome entre les familles relais. Ces lignages commencent à construire leur propre densité interne et ne constituent déjà plus une simple périphérie passive du noyau.

 

4. L’agglomération de la périphérie (N×P, R×P, P×P)

Les registres de 1745 révèlent également l’intégration progressive de nouveaux lignages situés à la périphérie du système :

MAILLOL Silvestre × MAURI Rose ;
REIG François × GERBAL Rose ;
MASSOT Jean × TRULLET Rose ;
VALLS Jean × GALANGAU Marie.

Ces alliances montrent que la périphérie se construit progressivement autour du noyau et des relais. Certaines familles centrales ou intermédiaires intègrent de nouveaux lignages encore faiblement implantés dans la communauté. Dans le même temps, des alliances apparaissent déjà entre familles périphériques elles-mêmes, comme VALLS × GALANGAU. Cette évolution indique que la périphérie commence lentement à former son propre espace relationnel.

Le système matrimonial ne fonctionne donc pas seulement par domination du centre sur les marges. Même les lignages les plus récents ou les moins présents participent déjà à la construction de nouvelles connexions.

 

5. L’ouverture vers l’extérieur (N×X, R×X)

Enfin, les registres montrent que le village conserve une ouverture permanente vers l’extérieur :

PY Joseph × BARRIS Eugénie ;

ARMANYACH Joseph × MASSOT Rose ;

DOUZANS Silvestre × AUGUET Catherine.

Ces unions témoignent de circulations matrimoniales dépassant le cadre strict de la communauté locale. Certaines familles du noyau ou des relais intègrent des épouses venues de l’extérieur, tandis que des femmes du village rejoignent des lignages non implantés dans la communauté. Ces échanges extérieurs participent au renouvellement permanent du système matrimonial.

 

Conclusion

En 1745, le réseau matrimonial villageois apparaît déjà fortement structuré autour d’un noyau central dense dominé par les familles REIG, SAGOLS, PAGES et MAILLOL. Ce noyau s’appuie sur des familles relais qui assurent la circulation des alliances et l’intégration progressive des périphéries. La communauté fonctionne ainsi comme un système hiérarchisé mais ouvert, où la stabilité repose moins sur l’immobilité sociale que sur la continuité des échanges matrimoniaux entre plusieurs niveaux relationnels.

c. 1755 : densification et intégration du système matrimonial

Dix ans après le premier instantané de 1745, le réseau matrimonial villageois apparaît nettement plus dense et plus intégré. Le noyau central conserve sa position dominante, mais les échanges se multiplient désormais dans toutes les directions. Les familles relais renforcent leur cohésion interne, tandis que les circulations entre noyau, relais, périphérie et extérieur deviennent plus nombreuses et plus régulières. Le village ne fonctionne plus seulement comme un système organisé autour d’un centre dominant. Il tend désormais vers une véritable structure intégrée, où plusieurs niveaux relationnels interagissent en permanence.

L’évolution la plus marquante de 1755 réside dans l’intensification générale des échanges matrimoniaux. Le réseau gagne en épaisseur et en connectivité. Les alliances ne se limitent plus à quelques relations privilégiées : elles tissent progressivement un maillage relationnel plus large, plus stable et plus fluide.

 

1. Le noyau : stabilité et centralité croissante

Les familles du noyau, REIG, SAGOLS, PAGES, MAILLOL, PY et VILAREM, continuent à assurer la stabilité du système par des alliances internes répétées :

REIG André × SAGOLS Marguerite ;
REIG Antoine × PAGES Marguerite ;
SAGOLS Joseph × REIG Thérèse ;
VILAREM François × REIG Marie ;
VILAREM Raphaël × REIG Elisabeth.

Cette forte densité d’alliances N×N confirme la permanence d’une endogamie de groupe au sein des grandes familles centrales. Le noyau demeure l’espace relationnel le plus stable et le plus cohésif du village.

Cependant, la position de REIG évolue sensiblement par rapport à 1745. Le lignage ne se contente plus de stabiliser le noyau par ses alliances internes. Il devient désormais un véritable moteur de circulation entre les différents espaces du système matrimonial. REIG multiplie les connexions avec les relais et entretient également des ouvertures vers les périphéries et l’extérieur. Le lignage agit ainsi comme le principal centre de gravité relationnel de la communauté.

 

2. Les alliances entre noyau et relais (N×R)

Les échanges entre noyau et relais deviennent particulièrement nombreux en 1755 :

ATXER Jean × SAGOLS Anne ;
MASSOT Pierre × REIG Marguerite ;
PAGES Jean × BARBE Rose ;
PARER François × REIG Marguerite ;
REDE Jean × REIG Marguerite ;
REIG André × REDE Catherine ;
SAGOLS Jacques × PARER Marie.

Ces alliances montrent que les familles relais jouent désormais pleinement leur rôle d’interface entre le centre et les autres espaces relationnels du village. Les échanges sont réciproques. Le noyau recrute des épouses parmi les relais, mais les relais s’allient également aux familles centrales pour renforcer leur propre position.

Le système matrimonial gagne ainsi en fluidité. Les relais ne constituent plus uniquement des zones de transition ; ils deviennent progressivement des partenaires intégrés à la reproduction du système.

 

3. Les alliances entre noyau et périphérie (N×P)

Deux unions révèlent une ouverture croissante du noyau vers des familles encore peu implantées :

MAILLOL Silvestre × MAURY Rose ;
REIG François × GERBAL Rose.

Ces alliances sont importantes car elles montrent que certaines familles centrales commencent à intégrer directement des lignages périphériques. Le noyau ne fonctionne donc pas comme un espace fermé. Il conserve sa cohésion tout en absorbant progressivement de nouveaux éléments venus des marges du système.

Cette ouverture participe au renouvellement des relations sociales et favorise l’intégration progressive de nouvelles familles dans la communauté.

 

4. Les relais : vers une autonomie relationnelle (R×R)

L’un des phénomènes majeurs de 1755 réside dans la densification des échanges internes aux familles relais :

ATXER Joseph × PARER Marie ;
MASSOT Joseph × PARER Thérèse ;
MASSOT Laurent × BAILLE Marguerite ;
REDE Baptiste × ROCARIAS Agnès ;
TRULLET Jean × REDE Françoise ;
TRULLET Joseph × PARER Françoise ;
CHELE François × MONICH Marguerite.

Les relais ne dépendent plus uniquement des alliances avec le noyau pour maintenir leur cohésion. Ils développent désormais leur propre densité relationnelle. Cette multiplication des unions R×R transforme progressivement les relais en un véritable sous-réseau autonome capable de produire sa propre stabilité.

Le système matrimonial acquiert ainsi une structure plus complexe et plus hiérarchisée. Entre le noyau central et les périphéries encore fragiles se forme désormais un espace intermédiaire fortement connecté, qui joue un rôle essentiel dans la circulation des alliances.

 

5. La périphérie : une intégration encore fragile

La périphérie reste encore peu structurée en 1755. Les familles périphériques apparaissent surtout à travers leurs connexions avec le noyau ou l’extérieur :

ESCOUBEIROU Pierre × SANTAREILLE Marguerite.

L’absence d’alliances clairement identifiées entre familles périphériques montre que cet espace ne possède pas encore sa propre densité interne. Les lignages périphériques demeurent dépendants du noyau et des relais pour leur intégration au système matrimonial.

Cependant, leur présence plus régulière indique que certains lignages commencent lentement à s’enraciner dans la communauté.

 

6. L’ouverture vers l’extérieur (N×X et R×X)

Les échanges avec l’extérieur restent importants :

MARILL François × PAGES Marie-Ange ;
PY Joseph × BARRIS Eugénie ;
REIG Joseph × VILARDELL Marguerite ;
REIG Michel × LARASON Thérèse ;
ROCA Antoine × MAILLOL Marguerite ;
JORDA × ROLLAND Raymonde ;
MASSOT Raphaël × MORATO Thérèse ;
PARCE Jean × PADERN Rose ;
PARER Jacques × BONAFOS Françoise.

Ces unions montrent que le village conserve une forte ouverture vers les communautés voisines. Les familles centrales et relais vont fréquemment chercher des épouses à l’extérieur, tandis que certaines femmes du village intègrent des lignages externes.

Cette ouverture ne fragilise pas le système. Au contraire, elle contribue à renouveler les circulations relationnelles tout en maintenant la cohésion du noyau central.

 

Conclusion

En 1755, le système matrimonial villageois atteint un niveau de densité et d’intégration nettement supérieur à celui observé en 1745. Le noyau central demeure dominé par REIG, désormais capable d’articuler simultanément noyau, relais, périphérie et extérieur. Les familles relais, MASSOT, PARER, ATXER, REDE,ne jouent plus seulement un rôle d’interface. Elles forment progressivement un espace intermédiaire autonome et cohésif. La périphérie reste encore faiblement structurée, mais certaines familles commencent à s’intégrer durablement au réseau matrimonial. L’ensemble du système apparaît désormais comme une structure relationnelle dynamique, stable et ouverte, fondée sur la circulation permanente des alliances entre plusieurs niveaux sociaux.

 

d. 1765 : autonomisation des relais et stabilisation du système

En 1765, le système matrimonial villageois atteint un nouveau stade de structuration. Le noyau central demeure extrêmement dense et continue à assurer la stabilité du réseau par ses alliances internes, mais la dynamique essentielle de cette décennie réside désormais dans l’autonomisation progressive des familles relais. Les échanges entre noyau et relais deviennent particulièrement nombreux, tandis que les espaces intermédiaires acquièrent leur propre cohésion relationnelle. Dans le même temps, certaines familles périphériques commencent à s’intégrer plus visiblement dans le système.

Le village apparaît désormais comme une structure hiérarchisée à plusieurs niveaux, où la stabilité générale repose moins sur la domination d’un seul lignage que sur la multiplication des connexions entre les différents espaces relationnels.

 

1. Le noyau : continuité et forte densité interne

Les grandes familles centrales, MAILLOL, REITX, PY, SAGOLS et VILAREM, continuent à s’allier régulièrement entre elles :

MAILLOL Joseph × MAILLOL Marie ;
MAILLOL Pierre × REITX Marguerite ;
PY Mathias × REITX Thérèse ;
PY Pierre × SAGOLS Isabel ;
VILAREM François × REITX Marie ;
VILAREM Raphaël × REITX Elisabeth.

Ces unions montrent que le noyau conserve une forte capacité d’auto-reproduction. Les alliances internes restent nombreuses et assurent la continuité des principaux lignages sur le temps long. Le centre relationnel du village demeure donc remarquablement stable malgré les fluctuations démographiques ou les renouvellements générationnels.

Cependant, la structure du noyau évolue progressivement. Là où REIG dominait très nettement les échanges dans les décennies précédentes, le système devient désormais plus polycentrique. REITX occupe une position particulièrement importante, mais MAILLOL, SAGOLS, PY ou VILAREM participent également activement à la cohésion du centre. La stabilité du noyau repose désormais davantage sur la densité globale des connexions que sur l’hégémonie d’un seul lignage.

 

2. Les alliances entre noyau et relais (N×R)

Les échanges entre noyau et relais constituent le phénomène central de l’année 1765. Les unions N×R sont particulièrement nombreuses et montrent une circulation matrimoniale intense entre les deux espaces :

AROLES Jean × SAGOLS Anne ;
MASSOT Joseph × MAILLOL Marie ;
MATHEU Jacques × PAGES Angela ;
REDE Jean × PY Marie ;
REITX André × REDE Catherine ;
REITX Joseph × BATTLA Anne ;
ROCARIAS Jean × REITX Juste ;
DOSANS Jean × SAGOLS Marguerite.

Ces alliances montrent que les relais ne servent plus uniquement à alimenter ou connecter le noyau. Ils participent désormais pleinement à la reproduction du système matrimonial. Les échanges sont constants, réciproques et structurants.

Le noyau reste dominant, mais il ne fonctionne plus de manière isolée. Sa stabilité dépend désormais de ses interactions régulières avec les espaces intermédiaires.

 

3. Les relais : un espace relationnel autonome (R×R)

L’évolution majeure de 1765 réside dans la cohésion croissante des familles relais. Les unions internes se multiplient :

CABOT Antoine × REDA Marie ;
CABOT François × BATTLE Marie ;
COSTA Pierre × PARER Claire ;
MASSOT Laurent × BATTLE Marguerite ;
REDE Pierre × PARER Marguerite ;
MARCH Raphaël × XELA Magdelaine.

Les relais possèdent désormais leur propre densité relationnelle. Ils ne constituent plus une simple périphérie dépendante du noyau, mais un véritable espace intermédiaire cohésif et autonome. Cette consolidation renforce considérablement la stabilité générale du système matrimonial.

Les familles relais assurent plusieurs fonctions simultanées :

elles connectent le noyau aux périphéries ;
elles absorbent une partie des nouveaux lignages ;
elles maintiennent la circulation des alliances ;
elles empêchent le centre de se refermer entièrement sur lui-même.

Le réseau matrimonial villageois devient ainsi plus résilient et plus complexe.

 

4. Les relations entre noyau et périphérie (N×P)

L’année 1765 marque également une étape importante dans l’intégration progressive des périphéries. Une alliance particulièrement significative apparaît :

PAGES Jean × ESCOUBEIRO Elisabeth.

C’est la première fois qu’une famille clairement identifiée comme périphérique entre directement en relation matrimoniale avec un lignage du noyau central. Cette union montre que les frontières du système restent poreuses et que certains lignages périphériques commencent à franchir progressivement les différents niveaux relationnels. L’intégration des périphéries demeure encore limitée, mais elle devient désormais visible.

 

5. Les relations entre relais et périphérie (R×P)

L’alliance GUERRA Gaudérique × PARCE Marguerite, constitue également un indice important. Elle montre que les relais jouent un rôle essentiel dans l’intégration des nouveaux lignages. Les familles périphériques passent souvent par ces espaces intermédiaires avant d’accéder à des connexions plus centrales.

Le système matrimonial fonctionne donc comme une structure graduée, où les circulations relationnelles s’effectuent par étapes successives.

 

6. L’ouverture vers l’extérieur (N×X et R×X)

Les alliances avec l’extérieur restent nombreuses :

CAMPA Dominique × MAILLOL Thérèse ;
FABRE Jean × SAGOLS Marguerite ;
REITX Michel × BARJAU Thérèse ;
PARER Jacques × BONAFOS Françoise ;
JORDA Jean × ROLLAND Raymonde ;
ROCARIAS Come × BERTRAND Marie.

Le village conserve ainsi une forte ouverture relationnelle vers les communautés environnantes. Les familles centrales et relais continuent à intégrer des épouses venues de l’extérieur, tandis que certaines femmes du village rejoignent des lignages non implantés localement.

Ces échanges extérieurs participent au renouvellement du système sans remettre en cause sa cohésion interne.

 

Conclusion

En 1765, le système matrimonial villageois apparaît fortement structuré autour d’un noyau central stable et dense, capable de se reproduire durablement par ses alliances internes. Toutefois, le phénomène majeur de cette décennie réside dans l’autonomisation des familles relais. Les échanges entre noyau et relais deviennent particulièrement intenses, tandis que les relais développent leur propre cohésion relationnelle. La périphérie commence lentement à s’intégrer au réseau, principalement par l’intermédiaire des relais. L’ensemble du système fonctionne désormais comme une structure hiérarchisée et dynamique, où la stabilité repose sur la circulation permanente des alliances entre plusieurs niveaux relationnels.

e. 1775 : maturation et polycentralisation du système matrimonial

En 1775, le système matrimonial villageois atteint un véritable stade de maturité. Les structures observées depuis 1745,  noyau central, relais intermédiaires, périphéries en intégration et ouverture vers l’extérieur, ne sont plus seulement en formation. Elles fonctionnent désormais ensemble comme un réseau relationnel dense et stabilisé. Les échanges matrimoniaux se multiplient à tous les niveaux, tandis que les différentes couches du système deviennent de plus en plus interdépendantes.

Le noyau central conserve sa position dominante, mais il ne repose plus sur un unique lignage organisateur. Le réseau devient progressivement polycentrique. Dans le même temps, les familles relais acquièrent une importance considérable et forment désormais un véritable espace intermédiaire autonome. Certaines familles périphériques commencent également à s’enraciner durablement dans la communauté.

L’année 1775 marque ainsi le passage d’un système fortement centré à une structure relationnelle plus diffuse, plus dense et plus équilibrée.

 

1. Le noyau : densité interne et polycentralisation

Les familles du noyau, REIG, MAILLOL, SAGOLS, PY, VILAREM et PAGES, continuent à assurer la stabilité du système par des alliances internes régulières :

PY Mathias × REIG Thérèse ;
SAGOLS Joseph × PY Françoise ;
SAGOLS Joseph × REIG Françoise ;
REIG François × MALLOL Rose ;
SAGOLS Jean × VILAREM Catherine.

Ces unions montrent que le noyau conserve une forte capacité d’auto-reproduction. Les grandes familles centrales demeurent étroitement connectées et assurent la continuité des principaux lignages du village.

Cependant, l’organisation interne du noyau évolue sensiblement. Dans les décennies précédentes, REIG occupait une position dominante qui structurait largement les échanges matrimoniaux. En 1775, cette centralité unique s’atténue progressivement. Le système devient davantage polycentrique : plusieurs familles, MAILLOL, SAGOLS ou PY, participent désormais conjointement à la cohésion du centre relationnel.

La stabilité du noyau ne repose plus sur un lignage unique, mais sur la densité globale des connexions entre plusieurs pôles familiaux.

 

2. Les alliances entre noyau et relais (N×R)

Les échanges entre noyau et relais restent extrêmement nombreux :

MASSOT Jean × PAGES Marguerite ;
PARER Antoine × SAGOLS Anne ;
PY François × BATTLA Marie ;
REIG André × REDA Catherine ;
REIG Jacques × MASSOT Marguerite ;
REIG Sébastien × ROCARIAS Rose ;
ROCARIAS Jean × REIG Juste ;
SAGOLS Pierre × MUNICH Marie.

Ces unions montrent que les relais participent désormais pleinement à la reproduction du système matrimonial. Les circulations entre noyau et relais sont permanentes et réciproques. Les familles intermédiaires ne constituent plus une simple zone de transition. Elles sont devenues des acteurs essentiels de la stabilité relationnelle du village.

Les échanges N×R assurent également une diffusion des alliances qui empêche le noyau de se refermer sur lui-même. Le système gagne ainsi en souplesse et en résilience.

 

3. Les relais : consolidation d’un espace intermédiaire autonome (R×R)

En 1775, les familles relais forment désormais un espace fortement cohésif :

CABOT François × ATXER Marie ;
FERRER Isidore × MARCH Marie-Anne ;
MOY Joseph × PARER Françoise ;
PARCE Rafaël × ROQUET Marie ;
MARCH François × REDA Thérèse.

Les échanges entre relais deviennent suffisamment nombreux pour constituer un véritable sous-réseau relationnel autonome. Les familles MASSOT, PARER, REDA, ROCARIAS, ATXER, MARCH ou BATTLA assurent désormais une grande partie de la circulation matrimoniale du village.

Cet espace intermédiaire joue un rôle fondamental dans l’équilibre général du système :

il relie les grandes familles centrales aux périphéries ;
il absorbe les fluctuations démographiques ;
il facilite l’intégration de nouveaux lignages ;
il maintient la fluidité des échanges matrimoniaux.

Les relais deviennent ainsi la véritable armature sociale du réseau villageois.

 

4. La périphérie : intégration progressive et début d’enracinement

Les familles périphériques apparaissent plus régulièrement qu’auparavant :

GUERRA André × PASCU Catherine ;
AYAX Joseph × GUERRA Rose ;
MALLOL Laurent × GRAU Marianne.

Certaines périphéries commencent à se densifier et à produire leur propre continuité relationnelle. Les lignages GUERRA, GRAU ou ESCOBEIROU ne sont plus seulement des présences ponctuelles. Ils deviennent progressivement des familles intégrées au système matrimonial local.

Cette évolution reste encore fragile, mais elle montre que certaines périphéries commencent à franchir les différents niveaux du réseau relationnel.

 

5. L’ouverture vers l’extérieur (N×X, R×X et P×X)

Les échanges avec l’extérieur demeurent nombreux :

REIG François × FABRE Elisabeth ;
REIG Jean × CASALS Thérèse ;
REIG Pierre × CASALS Marguerite ;
REDA François × LLARGUET Magdelaine ;
XELA Raphaël × REIG Marguerite ;
VALLS Jean × ATXER Anne.

Les nombreux patronymes extérieurs ou faiblement implantés montrent que le village conserve une forte ouverture vers les communautés voisines. Les familles centrales et relais continuent à intégrer des épouses venues de l’extérieur sans perdre leur cohésion interne.

Le système matrimonial fonctionne ainsi comme un réseau capable d’absorber des flux relationnels externes tout en maintenant sa stabilité structurelle.

 

Conclusion

En 1775, le système matrimonial villageois atteint un stade de pleine maturité. Le noyau central demeure fortement dense et stable, mais il devient progressivement polycentrique. Les familles relais acquièrent une cohésion interne suffisante pour former un véritable espace relationnel autonome, essentiel à l’équilibre du réseau. Dans le même temps, certaines familles périphériques commencent à s’enraciner durablement dans la communauté. L’ensemble du système repose désormais sur une circulation permanente des alliances entre plusieurs niveaux relationnels, qui assurent à la fois la stabilité du village et sa capacité de renouvellement.

 

f. 1785 : stabilisation du système et intégration des périphéries

En 1785, le système matrimonial villageois apparaît pleinement stabilisé. Les grandes structures observées depuis 1745, noyau central, relais intermédiaires, périphéries en intégration et ouverture extérieure, fonctionnent désormais comme un ensemble fortement articulé. Le réseau relationnel atteint une densité particulièrement élevée et repose sur des circulations matrimoniales continues entre plusieurs niveaux sociaux.

Cependant, l’équilibre du système a profondément évolué. Le noyau central conserve sa puissance structurante, mais la cohésion générale du village repose désormais largement sur les familles relais, devenues la véritable armature relationnelle de la communauté. Dans le même temps, certaines familles autrefois périphériques s’intègrent progressivement aux espaces intermédiaires, révélant la mobilité lente mais réelle des lignages à l’intérieur du système.
L’année 1785 marque ainsi l’aboutissement d’un long processus de densification et de hiérarchisation du réseau matrimonial.

 

1. Le noyau : permanence et diffusion relationnelle

Les grandes familles centrales, REIG, MALLOL, SAGOLS, PAGES, PY et VILAREM, continuent à structurer le cœur du système matrimonial :

MALLOL Paul × REIG Thérèse ;
PI Bonaventure × VILAREM Rose ;
VILAREM François × PAGES Marie ;
VILAREM Rafaël × SAGOLS Marthe.

Le noyau conserve une forte continuité lignagère et demeure l’espace le plus stable du village. Les grandes familles centrales restent présentes dans les registres à un niveau élevé et maintiennent des échanges matrimoniaux réguliers.

Cependant, les alliances strictement internes au noyau deviennent proportionnellement moins dominantes qu’auparavant. Les familles centrales diffusent désormais davantage leurs alliances vers les relais et certaines périphéries intégrées. Le centre relationnel reste dense, mais il fonctionne de manière moins fermée qu’au cours des décennies précédentes.

Cette évolution confirme la transformation progressive du système vers une organisation polycentrique. La stabilité du noyau ne repose plus sur un lignage dominant unique, mais sur l’ensemble des connexions entretenues entre plusieurs familles centrales.

 

2. Les alliances entre noyau et relais (N×R)

Les échanges entre noyau et relais restent extrêmement nombreux :

DUSANS Silvestre × PAGES Marie ;
GALANGAU Jacques × SAGOLS Marie ;
MALLOL Joseph × PARER Mariange ;
PAGES François × REDA Marie ;
PAGES Michel × ATXER Marguerite ;
VILAREM Jean × MASSOT Anna ;
SAGOLS Antoine × PARER Rose.

Ces alliances montrent que les relais participent désormais pleinement à la reproduction du système matrimonial. Les échanges entre les grandes familles centrales et les lignages intermédiaires sont constants et structurants.

Les relais assurent désormais une grande partie de la circulation relationnelle du village. Ils empêchent le noyau de se scléroser sur lui-même et maintiennent la fluidité des échanges matrimoniaux entre les différents espaces du système.

 

3. Les relais : cœur vivant du système (R×R)

L’un des traits majeurs de 1785 réside dans la densité des alliances entre familles relais :

ATXER François × GALANGAU Marguerite ;
CABOT Joseph × GALANGAU Thérèse ;
GALANGAU Joseph × DUSANS Anne ;
JOURDA Pierre × MARCH Rite ;
MUNICH Michel × PAGES Rose ;
VALLS Jean × ATXER Anne.

Les relais constituent désormais un espace relationnel extrêmement cohésif. Les familles MASSOT, PARER, REDA, DUSANS, GALANGAU, MARCH, ATXER, CABOT ou MUNICH forment un véritable tissu intermédiaire capable de produire sa propre stabilité.

Cette densité relationnelle transforme profondément l’équilibre du système. Alors que le noyau dominait largement les échanges dans les premières décennies, les relais deviennent progressivement l’élément central de cohésion sociale. Ils absorbent les nouvelles familles, facilitent les circulations matrimoniales et assurent les connexions entre tous les niveaux du réseau.

Le système matrimonial atteint ainsi une forme de maturité relationnelle où la stabilité générale dépend davantage de la densité globale des connexions que de la puissance d’un seul groupe dominant.

 

4. Les périphéries : enracinement et ascension relationnelle

Certaines familles autrefois périphériques apparaissent désormais de façon beaucoup plus stable :

GALANGAU,
COSTE,
GRAU,
MAURI,
ESCOUBEIROU.

Leur présence répétée dans les alliances montre qu’elles commencent à s’intégrer durablement dans le système matrimonial local.

Le cas de GALANGAU est particulièrement révélateur. Encore marginal dans les premiers instantanés, le lignage apparaît désormais connecté aux relais (ATXER, DUSANS), mais aussi directement au noyau (SAGOLS).

Cette évolution illustre un véritable processus d’ascension relationnelle. Certaines familles périphériques ne restent pas figées dans leur position initiale : elles peuvent progressivement gagner en densité relationnelle et intégrer les espaces intermédiaires du système. 

Les frontières entre périphérie et relais apparaissent ainsi poreuses et évolutives.

 

5. L’ouverture vers l’extérieur (N×X, R×X, P×X)

Le village demeure fortement ouvert vers l’extérieur :

MALLOL Joseph × SALA Rose (de Saint-Michel de Colera) ;
SOLANES Barthélémy (de Montferrer) × MALLOL Marguerite ;
HULLET Pierre × MALLOL Brigite ;
XELA Jean × RIBES Basilice.

Les échanges matrimoniaux avec les communautés voisines restent constants. Les familles centrales, relais et périphériques continuent à intégrer des individus venus de l’extérieur tout en conservant leur cohésion interne.

Le système matrimonial villageois fonctionne ainsi comme un réseau ouvert capable d’absorber continuellement de nouveaux apports sans perdre sa stabilité structurelle.

 

Conclusion

En 1785, le système matrimonial villageois apparaît pleinement structuré et stabilisé. Le noyau central conserve sa continuité et sa forte densité relationnelle, mais la cohésion générale du village repose désormais largement sur les familles relais, devenues la véritable armature du réseau. Certaines périphéries commencent à s’enraciner durablement et accèdent progressivement aux espaces intermédiaires du système. L’ensemble fonctionne comme une structure relationnelle hiérarchisée mais ouverte, fondée sur la circulation permanente des alliances entre plusieurs niveaux sociaux. La stabilité du village ne repose plus sur l’immobilité des lignages, mais sur leur capacité à maintenir et renouveler continuellement leurs connexions matrimoniales.

Synthèse du réseau matrimonial villageois (1745–1785)


Ce que les cinq coupes révèlent n'est pas une hiérarchie figée, mais un processus de différenciation sociale en train de se faire. En 1745, noyau, relais et périphérie existent déjà comme catégories, mais restent peu autonomes les unes par rapport aux autres. Ce qui se joue sur quarante ans, c'est la cristallisation progressive de ces niveaux en espaces relationnels distincts, dotés chacun de leur propre logique de reproduction.

La dynamique la plus structurante n'est pas dans le noyau, mais dans les relais. En 1745, BARBE, PARER ou DOUZANS sont des familles-interface, dépendantes du centre pour exister socialement. En 1785, MASSOT, REDA, ATXER, GALANGAU ou MARCH forment un sous-réseau autonome et dense, devenu la véritable armature sociale du village. Ce basculement d'une fonction de transmission à une fonction de cohésion centrale, transforme en profondeur la morphologie du réseau. Il ne s'agit plus d'une étoile rayonnante, mais d'une structure en couches où les relais tendent à supplanter le noyau comme principal moteur de circulation matrimoniale.

Un second basculement s'opère au sein du noyau lui-même. La position hégémonique de REIG en 1745-1755 s'érode au profit d'un centre polycentrique (MAILLOL, SAGOLS, PY), et en 1785 le noyau diffuse davantage ses alliances vers l'extérieur de lui-même qu'il ne les concentre en interne. Ce n'est pas un affaiblissement du centre, mais un changement de régime. La stabilité ne repose plus sur la densité interne d'un groupe dominant, mais sur la multiplication des connexions entre niveaux.

L'un des faits les plus contre-intuitifs est que le noyau ne s'est jamais reproduit par fermeture. Les grandes familles ont maintenu leur position dominante en entretenant des échanges constants avec les relais, les périphéries et l'extérieur. L'endogamie de groupe a toujours coexisté avec une forte ouverture exogame. Les alliances extérieures renouvellent le capital relationnel du centre sans en diluer la composition.

La trajectoire de la périphérie, enfin, introduit une dimension de mobilité sociale que les premières coupes ne laissaient pas encore voir clairement. Le cas de GALANGAU est emblématique. Marginal en 1745, le lignage est en 1785 connecté aux relais et directement au noyau. Les frontières entre périphérie et espace intermédiaire se révèlent poreuses et franchissables, lentement, par accumulation de connexions, sans rupture visible. Ce que le réseau matrimonial enregistre, c'est ainsi non seulement la reproduction des hiérarchies sociales, mais aussi, à la marge, leur contestation silencieuse.

Au fond, ce que ces instantanés décrivent sur quarante ans, c'est la manière dont une communauté villageoise produit et reproduit sa propre stratification à travers l'alliance matrimoniale, et comment cette stratification, tout en se stabilisant, reste traversée par des dynamiques d'intégration et d'ascension qui en empêchent le figement définitif.

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7 mai 2026

Les dynamiques des lignages sous l'Ancien régime, 1737-1785 : II. Morphologie générale du système matrimonial

II. Morphologie générale du système matrimonial

 

1. Le noyau central (N)

Le noyau central regroupe les familles REIG, MAILLOL, SAGOLS, PAGES, PY et VILAREM. Présents de manière continue entre 1737 et 1785 avec des niveaux élevés et relativement constants, ces lignages constituent l’ossature démographique et relationnelle du village. Leur permanence dans les registres contraste avec les fluctuations plus marquées des familles relais ou périphériques. Même lorsque certains lignages connaissent des phases de moindre visibilité, leur continuité n’est jamais véritablement remise en cause. Le noyau conserve ainsi une remarquable stabilité sur l’ensemble de la période.

Cette stabilité repose avant tout sur la densité des échanges matrimoniaux internes. Les familles du noyau s’allient régulièrement entre elles, créant un espace fortement interconnecté. Les unions REIG×SAGOLS, REIG×PAGES, REIG×MAILLOL, PY×REIG, VILAREM×REIG ou encore SAGOLS×PY apparaissent de façon récurrente dans les instantanés étudiés. Ces alliances répétées ne traduisent pas une fermeture complète du groupe, mais un mécanisme de reproduction sociale fondé sur l’échange permanent des membres entre lignages dominants. Le noyau fonctionne ainsi comme une endogamie de groupe qui assure la continuité et la cohésion du centre relationnel du village.

Cependant, ce noyau ne constitue pas un bloc figé. Les individus circulent continuellement par le mariage, tandis que les lignages demeurent stables sur le temps long. Cette distinction entre mobilité individuelle et permanence lignagère est essentielle pour comprendre le fonctionnement du système. Les familles centrales maintiennent leur position non parce que leurs membres restent immobiles, mais parce qu’elles renouvellent constamment leurs alliances internes et leur présence dans les registres.

Au cours de la période étudiée, la structure du noyau évolue également. Dans les années 1745-1755, la famille REIG apparaît comme le principal centre relationnel du système. Son omniprésence dans les alliances lui confère une position dominante qui dépasse largement le simple poids démographique. REIG stabilise le noyau par ses alliances internes, mais assure également les connexions avec les relais, la périphérie et parfois l’extérieur. Le lignage agit alors comme un véritable moteur de circulation des échanges matrimoniaux.

À partir des années 1765-1785, le système devient progressivement plus polycentrique. Si REIG conserve une position majeure, d’autres familles centrales renforcent leur rôle structurant. MAILLOL participe activement à l’ouverture du réseau vers les périphéries. SAGOLS multiplie les connexions avec les relais et joue un rôle important dans la circulation des alliances. PAGES occupe une position d’équilibre entre stabilité interne et ouverture relationnelle. PY demeure solidement intégré au cœur du système par ses alliances répétées avec REIG et SAGOLS, tandis que VILAREM confirme son appartenance durable au centre par ses unions régulières avec les principales familles du noyau.

Le noyau central ne doit donc pas être envisagé comme un simple groupe dominant fermé sur lui-même. Sa force repose au contraire sur sa capacité à maintenir une forte densité relationnelle tout en restant ouvert aux circulations venant des relais, des périphéries et de l’extérieur. La stabilité du centre ne provient pas de l’immobilité sociale, mais de la continuité des échanges matrimoniaux qui assurent sa reproduction sur plusieurs générations.

 

2. Les familles relais (R)

Autour du noyau central gravite un ensemble de familles intermédiaires constituant les relais du système matrimonial : MASSOT, MARCH, ATXER, REDE, ROCARIAS, PARCE, CABOT, GALANGAU, BATTLA [BAILLE], XELA [CHELE], MATHEU, PARER, MUNICH et DOUZANS. Présents de manière relativement continue entre 1737 et 1785, ces lignages connaissent toutefois des fluctuations plus marquées que les familles du noyau. Leur importance ne réside donc pas uniquement dans leur poids démographique, mais surtout dans leur fonction relationnelle.

Les relais assurent la circulation des alliances entre le noyau central et les espaces périphériques. Ils servent d’interface entre les grandes familles dominantes et les lignages plus fragiles ou récemment intégrés. Les unions répétées entre REIG, SAGOLS, PAGES ou MAILLOL avec MASSOT, PARER, REDE, ATXER ou DOUZANS montrent que le noyau s’appuie constamment sur ces familles intermédiaires pour élargir et renouveler son réseau matrimonial.

Dans les premiers instantanés, les relais apparaissent principalement comme des espaces de transition. En 1745, ils assurent encore surtout un rôle de connexion entre le centre et le reste de la communauté. Cependant, dès 1755 puis surtout en 1765, leur fonction évolue profondément. Les alliances R×R se multiplient : MASSOT s’allie avec PARER et BAILLE, REDE avec ROCARIAS, CABOT avec BATTLA, TRULLET avec REDE ou PARER. Les familles relais ne dépendent plus uniquement du noyau pour maintenir leur cohésion. Elles développent progressivement leur propre densité relationnelle.

Cette évolution marque une étape essentielle dans la structuration du village. Les relais deviennent un véritable espace intermédiaire autonome, capable de produire ses propres échanges matrimoniaux. Ils constituent désormais un nouvel étage du système social, situé entre le noyau dominant et les périphéries encore instables. Leur cohésion permet d’amortir les fluctuations démographiques et relationnelles qui affectent la communauté.

Les familles relais jouent également un rôle majeur dans l’intégration progressive des lignages périphériques. Les nouvelles familles entrent rarement directement dans le noyau. Elles passent d’abord par ces zones intermédiaires où les échanges sont plus ouverts et plus mobiles. Les relais assurent ainsi une fonction d’intégration, de diffusion et de stabilisation des circulations matrimoniales.

Au fil des décennies, certains lignages relais renforcent considérablement leur position. MASSOT, PARER, REDE ou ATXER deviennent de véritables connecteurs secondaires du système. D’autres, comme GALANGAU ou MUNICH, illustrent des trajectoires d’enracinement progressif. D’abord périphériques ou peu visibles, ils gagnent peu à peu en densité relationnelle grâce à leurs alliances répétées avec les relais puis avec certaines familles du noyau.

Ainsi, les familles relais apparaissent comme l’élément fondamental de cohésion du réseau matrimonial. Leur rôle dépasse largement celui d’une simple périphérie du noyau. Elles assurent la circulation des alliances, empêchent le repli du centre sur lui-même et permettent l’intégration progressive de nouveaux lignages au sein de la communauté.

 

3. La périphérie (P)

La périphérie regroupe les familles récemment intégrées au village ou faiblement représentées dans les registres, comme GUERRE, FERRER, FORGAS, COSTE ou ESCOUBEIROU. Contrairement aux familles du noyau ou des relais, ces lignages apparaissent de manière plus discontinue et disposent d’une densité relationnelle encore limitée. Leur présence témoigne néanmoins du renouvellement permanent de la communauté et de son ouverture vers l’extérieur.

Dans les premiers instantanés, les familles périphériques apparaissent principalement par des alliances avec le noyau ou les relais. Les unions MAILLOL×MAURI, REIG×GERBAL ou MASSOT×TRULLET montrent que leur intégration passe d’abord par des contacts avec des lignages déjà solidement implantés. La périphérie ne forme alors pas encore un espace autonome. Elle dépend largement des familles centrales et intermédiaires pour entrer dans le système matrimonial local.

Cette faible densité relationnelle explique la forte mobilité qui caractérise ces lignages. Certaines familles périphériques disparaissent rapidement des registres, tandis que d’autres s’enracinent progressivement grâce à la répétition des alliances. La périphérie constitue ainsi un espace instable mais essentiel au renouvellement du réseau villageois.

Au cours des décennies, certains lignages périphériques commencent toutefois à se stabiliser. GUERRE, ESCOUBEIROU, GRAU ou MAURI apparaissent de façon plus régulière dans les années 1775-1785. Leurs alliances avec les relais puis parfois avec le noyau traduisent un processus progressif d’intégration. Ces familles cessent alors d’être de simples lignages entrants pour devenir des composantes durables de la communauté.

La trajectoire de certaines familles illustre particulièrement ce phénomène. GALANGAU, encore périphérique dans les premiers instantanés, renforce progressivement sa position par ses alliances avec les relais puis avec le noyau. Cette évolution montre que les frontières entre périphérie et relais ne sont pas fixes. Les lignages peuvent changer de position au sein du système selon leur capacité à multiplier et stabiliser leurs échanges matrimoniaux.

La périphérie joue ainsi un rôle essentiel dans la dynamique du village. Elle constitue un espace d’ouverture et de renouvellement permanent des alliances. Même faiblement structurée, elle empêche le système matrimonial de se refermer entièrement sur lui-même. Les familles périphériques apportent de nouveaux liens, de nouvelles circulations et participent progressivement à l’élargissement du réseau relationnel de la communauté.
 

4. L’extérieur (X)

L’extérieur regroupe les familles ou les individus qui apparaissent ponctuellement dans les registres sans s’intégrer durablement au réseau matrimonial local. Il peut s’agir de lignages venus d’autres communautés, de familles simplement de passage, ou encore de patronymes féminins n’apparaissant qu’à l’occasion d’un mariage. Ces mentions restent souvent isolées et disparaissent rapidement des sources, soit parce que ces familles ne font pas souche dans le village, soit parce qu’elles sont progressivement absorbées par des lignages déjà établis.

La présence régulière de ces alliances extérieures montre cependant que la communauté n’est jamais totalement fermée sur elle-même. Même lorsque le noyau central apparaît fortement structuré et densément interconnecté, les échanges matrimoniaux avec l’extérieur demeurent constants. Les familles du noyau et des relais vont fréquemment chercher des épouses hors de la communauté, tandis que certaines femmes du village intègrent des lignages extérieurs. Ces unions assurent un renouvellement permanent des circulations relationnelles et empêchent le système matrimonial de se refermer entièrement.

Dans les premiers instantanés, l’extérieur apparaît surtout sous la forme d’alliances ponctuelles : PY avec BARRIS, DOUZANS avec AUGUET ou encore MASSOT avec MORATO. Ces unions restent relativement isolées, mais elles révèlent déjà l’existence d’échanges réguliers avec les villages voisins et les espaces extérieurs au réseau local.

Au fil du temps, ces connexions demeurent nombreuses. Les registres de 1755, 1765, 1775 et 1785 montrent une forte présence de patronymes extérieurs ou mal identifiés, souvent signalés par des mentions géographiques ou par l’absence de continuité lignagère dans les registres locaux. Certaines unions concernent des individus venus de Collioure, du Tech, de Montferrer, de Saint-Michel de Colera ou d’autres communautés environnantes. Cette mobilité montre que le village s’inscrit dans un espace relationnel plus large dépassant largement les frontières de la paroisse.

L’extérieur joue également un rôle important dans le renouvellement du système matrimonial. Les familles centrales utilisent régulièrement ces alliances pour élargir leurs réseaux sans remettre en cause leur cohésion interne. Le noyau demeure stable précisément parce qu’il reste capable d’intégrer des apports extérieurs tout en conservant sa forte densité relationnelle. Les flux venant de l’extérieur ne dissolvent donc pas le système ; ils participent au contraire à son équilibre en introduisant de nouvelles connexions.

Cependant, toutes les familles extérieures ne connaissent pas le même destin. Certaines disparaissent rapidement après une ou deux mentions, tandis que d’autres commencent progressivement à s’enraciner par des alliances répétées avec les relais ou la périphérie. Des lignages initialement extérieurs peuvent ainsi devenir périphériques, puis parfois relais au fil des générations. Le passage d’un espace à l’autre montre que les frontières du système matrimonial restent poreuses et évolutives.

L’extérieur ne constitue donc pas un simple espace marginal situé hors du village. Il représente une réserve relationnelle essentielle au fonctionnement de la communauté. Par les circulations qu’il entretient avec le noyau, les relais et la périphérie, il contribue au renouvellement des alliances, à l’intégration de nouveaux lignages et à l’ouverture permanente du réseau matrimonial villageois.

7 mai 2026

Les dynamiques des lignages, sous l'Ancien régime, 1737-1785 : I. Le cadre

I. Le cadre

 

1. Objet de l’étude

Cette étude a pour objectif d’analyser la structure sociale et relationnelle d’une communauté villageoise à travers l’évolution des patronymes et des alliances matrimoniales entre 1737 et 1785. Plutôt que de considérer uniquement les variations démographiques globales, elle cherche à comprendre comment les familles se maintiennent, se développent, déclinent ou s’intègrent au sein du village sur plusieurs générations.

L’analyse repose d’abord sur la dynamique des patronymes. La fréquence d’apparition des noms de famille dans les registres permet d’identifier les lignages les plus durables, ceux qui structurent la communauté sur le temps long, mais également les familles plus fragiles, récemment implantées ou progressivement disparues. Les patronymes deviennent ainsi des indicateurs de stabilité, de mobilité et d’enracinement.

Cependant, l’étude ne se limite pas à une approche démographique ou statistique. Elle vise également à reconstituer le réseau matrimonial qui relie les familles entre elles. Chaque alliance constitue un lien social reliant deux lignages. L’accumulation de ces unions fait apparaître des zones plus ou moins denses, des familles fortement connectées, des groupes intermédiaires assurant les circulations, ainsi que des lignages périphériques en voie d’intégration.

L’objectif est donc de comprendre la structure relationnelle du village. La communauté n’est pas envisagée comme un simple agrégat d’habitants, mais comme un système organisé de relations entre familles. Certaines lignages occupent des positions centrales et assurent la stabilité du réseau, tandis que d’autres jouent des rôles de médiation, d’ouverture ou d’intégration. Le village apparaît ainsi comme un espace hiérarchisé mais mobile, où les équilibres sociaux se construisent par la circulation continue des alliances matrimoniales.

L’étude cherche enfin à articuler plusieurs échelles d’observation complémentaires : la démographie globale du village ; la dynamique de long terme des lignages ; les échanges matrimoniaux observables à des moments précis. Cette approche permet d’analyser simultanément la permanence des structures familiales et la mobilité constante des individus qui les composent.

 

2. Sources

L’étude repose principalement sur les registres paroissiaux de la communauté de la paroisse Saint-Jean l'Evangéliste de Banyuls del Maresma. Depuis le Moyen-Âge, la paroisse se compose au de la vallée centrale de Banyuls avec l'église paroissiale Saint-Jean l'Evangéliste, flanquée au sud de la vallée de Cerbère dont l'église Saint-Sauveur du correc de la Pedra fita est abandonnée depuis la fin du XVe siècle, et au nord la vallée de Cosprons avec son église Sainte-Marie rattachée à la paroissiale de Banyuls.

Les registres paroissiaux constituent la principale source permettant de reconstituer la présence des familles et leurs relations matrimoniales au cours du XVIIIe siècle.Les actes de baptême, de mariage et de sépulture permettent d’identifier les couples présents dans les registres, qu’il s’agisse : des couples se mariant durant l’année étudiée ; des couples déjà mariés déclarant la naissance, le mariage ou le décès d’un enfant ; ou encore des couples dont l’un des conjoints décède durant l’année observée. L’ensemble de ces mentions fournit un indicateur de visibilité des lignages dans la communauté et permet de suivre leur fréquence d’apparition au fil du temps.

Afin de rendre l’évolution du système matrimonial lisible, l’étude s’appuie sur plusieurs instantanés chronologiques répartis sur la période 1737-1785. Ces coupes décennales permettent d’observer la transformation progressive du réseau relationnel du village :

  • 1737 constitue un premier état démographique encore difficile à exploiter relationnellement ;
  • 1745 offre le premier instantané permettant d’identifier clairement les échanges matrimoniaux ;
  • 1755 montre une densification des relations entre familles ;
  • 1765 révèle l’autonomisation progressive des familles relais et la structuration plus nette des périphéries ;
  • 1775 laisse apparaître un système mature dans son fonctionnement et ses échanges ;
  • 1785 voit le noyau se stabiliser en devenant polycentrique, pendant que la périphérie s'intègre progressivement.

Ces instantanés ne restituent pas l’ensemble des unions contractées entre deux dates, mais ils permettent de saisir les grandes dynamiques de continuité, d’intégration et de recomposition des lignages au sein de la communauté. L’exploitation croisée des actes et des patronymes permet ainsi de passer d’une simple lecture démographique à une véritable analyse structurale du village et de ses réseaux familiaux.

 

3. Le modèle hypothétique

L’étude repose sur l’analyse croisée des registres paroissiaux et de l’état civil afin de reconstituer les dynamiques matrimoniales et la structure relationnelle de la communauté villageoise. Les actes de mariage, de baptême et de décès permettent d’identifier les couples présents dans les registres à différentes dates, puis de suivre la fréquence d’apparition des patronymes et leurs associations matrimoniales au fil du temps.

L’objectif n’est pas de mesurer la population ou le nombre de familles présentes, mais de comprendre comment les lignages s’articulent entre eux à travers les alliances. Chaque mariage constitue ainsi un lien relationnel entre deux familles. L’accumulation de ces unions fait apparaître des zones plus ou moins denses au sein du réseau matrimonial.

Afin de rendre cette structure lisible, les familles ont été réparties en quatre grands ensembles fonctionnels : le noyau central (N) ; les relais (R) ; la périphérie (P) ; l’extérieur (X).

Le noyau central regroupe les lignages présents de manière continue et fortement représentés tout au long de la période étudiée. Ces familles structurent durablement la démographie et les échanges matrimoniaux du village. Leur stabilité repose sur la répétition des alliances internes et sur leur capacité à maintenir une forte densité relationnelle.

Les familles relais occupent une position intermédiaire. Bien qu’elles soient elles aussi durablement présentes, leur visibilité fluctue davantage selon les périodes. Elles assurent la circulation entre le noyau et les périphéries, absorbent une partie de la mobilité sociale et participent à l’intégration des lignages entrants. Leur importance ne réside pas seulement dans leur poids numérique, mais dans leur fonction de connexion.

La périphérie rassemble les familles récemment intégrées ou faiblement représentées. Ces lignages apparaissent souvent de manière discontinue dans les registres et demeurent longtemps dépendants des alliances avec le noyau ou les relais pour s’enraciner durablement dans la communauté.

Enfin, l’extérieur désigne les familles de passage, les lignages venus d’autres localités ou les patronymes féminins qui n’apparaissent qu’occasionnellement. Certaines de ces familles disparaissent rapidement des registres, tandis que d’autres peuvent progressivement être absorbées dans le système matrimonial local.
L’analyse distingue constamment les individus des lignages. Les individus circulent par le mariage, changent de foyer, quittent parfois la communauté ou y entrent. Les lignages, au contraire, évoluent beaucoup plus lentement. Ils connaissent des phases de croissance, de déclin ou de consolidation selon la fréquence avec laquelle leurs membres apparaissent dans les registres et selon leur capacité à maintenir des alliances durables.

Cette distinction permet de comprendre que la mobilité observée dans les actes ne remet pas nécessairement en cause la stabilité globale du système. Les membres d’une famille peuvent être très mobiles socialement et relationnellement, alors que le lignage conserve une position stable au sein du réseau matrimonial.

L’ensemble de ces relations forme ainsi un véritable réseau. Les familles ne doivent pas être envisagées comme des unités isolées, mais comme des nœuds reliés entre eux par les alliances matrimoniales. Certaines familles occupent des positions centrales en multipliant les connexions, tandis que d’autres jouent des rôles d’interface ou d’intégration. Le système matrimonial apparaît alors comme une structure hiérarchisée mais ouverte, où la cohésion du groupe repose sur la circulation permanente des alliances.

 

4. Limites de l’étude

Cette reconstitution du réseau matrimonial demeure toutefois soumise à plusieurs limites documentaires et méthodologiques.

La principale difficulté concerne l’année 1737. Les registres mentionnent encore rarement les noms de famille des femmes mariées, ce qui empêche de reconstituer précisément les échanges matrimoniaux entre lignages. Cette absence interdit toute lecture fine des alliances et ne permet pas d’estimer avec certitude la position relationnelle des familles à cette date. L’année 1737 constitue ainsi davantage un point de départ démographique qu’un véritable instantané relationnel.

L’étude dépend également des biais propres aux registres paroissiaux et d’état civil. Certains actes sont lacunaires, imprécis ou difficiles à interpréter. Les variations orthographiques des patronymes compliquent parfois l’identification des lignages, tandis que certains individus apparaissent de manière fragmentaire selon les événements enregistrés. La visibilité d’une famille dans les sources ne reflète donc pas nécessairement son poids réel dans la communauté.

Par ailleurs, les instantanés étudiés ne constituent pas un suivi continu des alliances, mais des observations ponctuelles espacées dans le temps. Ils permettent d’identifier des tendances structurelles et des évolutions générales, mais ne rendent pas compte de l’ensemble des mouvements matrimoniaux intervenus entre deux dates. Certaines alliances ou certains lignages ont ainsi pu échapper à l’observation.

Enfin, la classification des familles entre noyau, relais, périphérie et extérieur repose sur une interprétation dynamique des données. Les frontières entre ces catégories ne sont pas totalement fixes. Certains lignages peuvent progressivement changer de position au cours du temps, passer de la périphérie aux relais, ou inversement décliner et disparaître. Le modèle proposé ne doit donc pas être compris comme une hiérarchie rigide, mais comme une représentation fonctionnelle des équilibres relationnels observés dans les registres.

 

4 mai 2026

La monarchie de juillet 1825, 1835, 1845

 

Année 1825

 

 

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E280, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1823-1832

 

NOTA BENE : La vallée de Cosprons qui appartenait à la paroisse de Banyuls depuis le Moyen-Âge, est extraite en 1824, afin de créer la commune de Port-Vendres. Ainsi, les familles installées dans la vallée de Cosprons sont désormais des citoyens de la nouvelle commune de Port-Vendres.

 

  1. AROLES Jean / SUQUET Catherine
  2. ATXER François (décédé le 06/06/1809) / GALANGAU Marguerite
  3. ATXER Jacques / CERBERE Marie (de Llança)
  4. BAILLE Bonaventure / DOUZANS Angélique
  5. BAILLE Matthieu (décédé le 16/06/1824) / PY Elisabeth
  6. BAILLE Pierre / PY Marie (de Cosprons => de Port-Vendres)
  7. BAILLE Sauveur / PY Marguerite
  8. BARBE Narcis / CAMBON Brigitte
  9. BASSERES François / REIG Anne Marie
  10. BAUX Bonaventure / VILAREM Marguerite
  11. BISBE Etienne (de la Selve de mer) / TROLLET Marguerite 
  12. BOHER Joseph / MAILLOL Magdelaine
  13. BONAFOS Jean / SAGOLS Marguerite
  14. BOSCH Pierre (de Llança) / VILA Maria
  15. BUIX Martin (d'Espagne) / GUISSET Marie
  16. CABOT François (décédé avant le décès de son fils Sauveur, le 22/01/1825) / PAGES Marguerite
  17. CABOT Sauveur / ROCARIAS Thérèse
  18. CASEL François (d'Espagne) / SAGOLS Rose
  19. CASTEILLO Jean / FABREGUE Marie
  20. CENTENE Jean / CABOT Rose
  21. CERBERE Vincent / LAURET Marianne
  22. CHALADE Raymond (d'Amélie-les-Bains) / GALANGAU Marie
  23. CHAVARDES François (de Narbonnes) / MAILLOL Marie
  24. CHELE Jacques / DOUGNAC Catherine
  25. COLOMINES Martin / MAILLOL Marie
  26. COLOMINES Martin / COLOMER Léparde
  27. COMEMALE Jean / CHELE Marie
  28. COMEMALE Michel / MAILLOL Rose (décédée le 16/11/1825)
  29. DOUZANS Pierre / [Illisible] Marie
  30. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  31. ESCATTLAR Simon (d'Espagne) / COURNIT Marie (d'Espagne) 
  32. ESCOUBEIROU Joseph / FERRER Marie
  33. FERRER Michel / VILAREM Marguerite
  34. GAÏDA Jacques / PRIM Marguerite
  35. GALANGAU François / SAGOSSE Grace
  36. GALANGAU Raphaël / BONAFOS Angélique 
  37. GUERRE Ferréol / GRAU Marie (décédée le 09/07/1825)
  38. GUERRE François / GRAU Rose
  39. GRAU Pierre / SURIACO Marie
  40. HERRE Pierre / MAURI Marguerite
  41. HERRE Sauveur / GALANGAU Rose
  42. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  43. LAURET Bonaventure / MASSOT Brigitte
  44. MAILLOL Barthélémi / BOCASSE Cécile
  45. MAILLOL Izidore (décédé le 12/05/1818) / SERADEILL Elisabeth 
  46. MAILLOL Jean / COSTE Thérèse
  47. MAILLOL Joseph / PY Marie (décédée avant le mariage de sa fille Marie le 05/02/1825) 
  48. MAILLOL Joseph / CABOT Rose
  49. MAILLOL Joseph / GUERRE Marie
  50. MALECAMP François (de Toulouges) / MAILLOL Marie (veuve de SAGOLS Pierre)
  51. MARCH André / SAGOLS Marie
  52. MARCH Pierre / ATXER Eléonore
  53. MASSOT Jean / PY Thérèse
  54. MASSOT Pierre / GALANGAU Anne Marie
  55. MOLY Jacques / MONICH Marie
  56. MONICH Pierre / REDE Laure
  57. OUILLE Joseph / MIGUEL Marie
  58. PAGES Jean / ESCOUBEIROU Thérèse
  59. PARCE Honoré / SAGOLS Marie
  60. PARCE Joseph / SERRE Rose 
  61. PARCE Pierre / MASSOT Thérèse
  62. PY François (de Cosprons => de Port-Vendres) / BAILLE Elisabeth
  63. PY Jean / CHELE Marie
  64. PY Joseph (décédé le 29/07/1809) / PAGES Agnès
  65. PY Matthieu / MAILLOL Marguerite
  66. REIG François / VILAREM Anne
  67. REIG François / FORGAS Marie
  68. REIG Pierre / PAGES Marguerite
  69. ROCARIES André / CAMBON Marguerite
  70. ROCARIES Joseph / BERNIQUEL Françoise
  71. ROMAND Jacques / ORIOL Marie
  72. SAGOLS Ferréol / PY Agnès (de Cosprons => de Port-Vendres)
  73. SAGOLS Jacques / FORGAS Rose
  74. SAGOLS Jean / PY Marguerite
  75. SAGOLS Jean / SAGOLS Victoire
  76. SAGOLS Joseph / BAGNERES Françoise
  77. SAGOLS Joseph / GALANGAU Thérèse
  78. SAGOLS Maurice (veuf de SOLANE Marguerite) / VILAREM Rose (veuve de FERRER Michel) 
  79. SAGOLS Vincent / LAURET Josèphe
  80. SOLER Joseph (de La Junquéra) / MARCH Marie 
  81. TROLLET Jean (décédé le 11/07/1819) / MASSOT Anne
  82. VILAREM François (décédé le 12/01/1819) / FERRER Anne 
  83. VILAREM Jean (décédé le 16/06/1817) / MASSOT Anne
  84. VILAREM Vincent / SAGOLS Tècle

 

Année 1835


 
Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E281, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1833-1842
 

  1. ALCOVER Marianno (décédé le 03/10/1833) / REIG Cécile
  2. ALZINE Julien / CAZALINS Gertrude
  3. AROLES Jean / SOUQUET Catherine
  4. AROLES Sébastien / NOGUES Marie
  5. ATXER Sébastien / MASSOT Rose
  6. AZEMA Jean / PY Marianne (décédée le 21/01/1835)
  7. BAILLE Ferréol / MATHEU Angélique
  8. BAILLE François / REIG Marie (veuve de BAILLE Mathias) => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommée Catherine née hors mariage, le 24/01/1835, avant de se marier le 15/071835
  9. BAILLE Vincent / FERRER Marianne
  10. BAILLS Pierre / COLL Marie
  11. BAILLS Raphaël / SERRE Françoise
  12. BARBE Fabrisse / CAMBON Brigitte
  13. BARBE Jacques / PRATS Anne
  14. BARBE Jean / PY Marie
  15. BARDETES Philippe (de Palada) / PAGES Marie
  16. BARRERA Jean ou Sauveur selon les actes (de Gérona) / CABOT Anne Marie
  17. BASSERES Pierre / SAGOLS Marguerite
  18. BAUX Michel / VILAREM Thérèse
  19. BEC Ferréol / VILAR Marguerite
  20. BISBE Etienne (d'Espagne) / TROLLET Louise
  21. BLANC Antoine / TROLLET Catherine
  22. BONAFOS Honoré / MAILLOL Brigitte
  23. BOTET Jean / CENTENE Marie
  24. BOUTET Pierre de Aiguatébia) / MAILLOL Marie
  25. CABOT François (veuf en 2nde noce de MAILLOL Marie & fils des défunts CABOT François / SAGOLS Brigitte "décédés à Bagnous sur mer l'année 1794, époque à laquelle la commune était envahie par les Espagnols") / PY Françoise (de Bagur & veuve en 2nde noce de GIBERT Joseph)
  26. CABOT Jean (décédé le 11/09/1928) / PARER Anne
  27. CARBONELL Jean / BAUX Elisabeth
  28. CAMPERE Etienne (décédé le 09/12/1812) / ROCARIAS Thérèse
  29. CASTAGNE Vincent / BOSCH Marguerite
  30. CERBERE Joseph / AUGUSTI Marie
  31. CERBERE Pierre / ESCOUBEÏROU Agnès (de Port-Vendres & décédée le 05/09/1735)
  32. CERBERE Raphaël / [Illisible] Françoise
  33. CHALADE Raymond / GALANGAU Marie
  34. COLOMINES Côme / JUNCAS Marianne
  35. COLOMINES Pierre / BARDIE Thérèse (d'Espolla & décédée avant le décès de son fils Mathieu le 25/02/1835)
  36. COMEMALE Jean / FERRER Thérèse
  37. COMEMALE Jean / CHELE Rose (décédée le 13/10/1832)
  38. COROMINAS Pierre / ATXER Rose
  39. COSTE François / CENTENE Catherine
  40. COSTE Raymond / CABOT Marguerite
  41. DALMAU Pierre (d'Espagne) / BEAUFORT Brigitte
  42. DOUZANS Hyacinthe / PY Marie
  43. DOUZANS Silvestre / BONNET Elisabeth
  44. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  45. DRAPER Jean / HOLLET Marisse (mineure)
  46. DRAPER Pierre / MATHEU Elisabeth
  47. ESCATLLAR Simon / MATHEU Marie
  48. ESCOUBEÏROU Joseph / FERRER Marie
  49. FALCUN Paul (d'Italie) / VILLADET Antoinette
  50. FERRER Jean / PARCE Juste
  51. FERRER Jean Ange (décédé le 01/10/1822) / TURON Marie
  52. FERRER Michel / VILAREM Marguerite
  53. FIGUERES Joseph (d'Espagne) / MAILLOL Marguerite
  54. FINE Joseph / MAS Cécile
  55. FONT Gaudérique / BAUX Marguerite
  56. FONT Gaudérique (décédé avant le décès de son fils Gaudérique le 10/101735) / MAILLOL Catherine
  57. FORGAS Jean / COSTE Anne
  58. FORGAS Laurens / ALCOVER Thérèse
  59. GALANGAU Jacques / REDE Marie
  60. GALANGAU Sauveur / FERRER Anne
  61. GUERRE Jacques / PAGES Catherine
  62. GUERRE Jean / PAGES Catherine
  63. GRAU François / PARCE Marthe (décédée le 04/04/1835)
  64. GRAU Jean / SAGOLS Catherine
  65. GRAU Pierre (de Catllard & décédé le 30/09/1735) / SURIANO Marie
  66. HERRE Jean / TROLLET Anne
  67. HOLLET Joseph / CAMPERE Thérèse
  68. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  69. LANES Joseph / BONAFOS Catherine
  70. MAILLOL André / DARNER Anne
  71. MAILLOL François (décédé le 10/10/1834) / BAILLE Marguerite
  72. MAILLOL Gilles / BUIX Eugénie
  73. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse (décédée le 28/01/1835)
  74. MAILLOL Jean / DARNER Thérèse
  75. MAILLOL Joseph / PY Rose
  76. MAILLOL Sylvestre / FERRER Marie
  77. MARCH Jean / VILAREM Claire
  78. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  79. MARIOTTI Joseph / DOUGNAC Marie
  80. MARIOTTI Pierre / REIG Sibane  => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommé Marie née hors mariage.
  81. MASSAGUE Ange (de Saint-Laurent-de-la-Salanque & décédé le 16/10/1835) / FURTON Marie  
  82. MASSOT Bonaventure / SAGOLS Catherine
  83. MASSOT François / PY Thérèse
  84. MASSOT Martin (décédé le 21/11/1835) / FERRER Thérèse
  85. MATHEU François / SAGOLS Marie
  86. MONICH François / PRATS Rose
  87. MONICH Jean / CASALS Elisabeth
  88. MONICH Joseph / BARBE Rose
  89. MOREAU François / [Illisible] Tècle
  90. MOURETTE Jacques (décédé le 13/10/1831) / PARER Marguerite
  91. NADAL Joseph / REIG Eulalie => Ils déclarent avoir donné naissance à une fille prénommé Marguerite née hors mariage.
  92. NONDEDEU Antoine / MASSOT Marie
  93. NONDEDEU Jean Antoine / BAUX Rose
  94. OUVRE François / SALES Marianne
  95. PAGES François / REDE Magdelaine (décédée le 01/12/1824)
  96. PAGES Michel / REIG Marguerite
  97. PAGES Pierre / PY Françoise (veuve de BAILLE Pierre) 
  98. PAGES Pierre / CALSINA Paule (de Colèra)
  99. PAGES Raphaël / BAILLE Ursule (décédée le 17/09/1731)
  100. PAIAREU Joseph (de Llança) / PURJADES Thérèse
  101. PARER Jean / REIG Rose
  102. PARCE Baptiste / CHELE Catherine
  103. PARCE Baptiste / FONT Claire
  104. PARCE Honoré (décédé le 26/10/1835) / SAGOLS Marie
  105. PARCE Jean / ALCOVER Cécile
  106. PARCE Pierre / MATHEU Françoise
  107. PARCE Jean (décédé le 01/06/1830) / MARBE Brigitte
  108. PARCE Pierre / MASSOT Thérèse
  109. PAYRO Jean (de Villelongue-dels-Monts) / SALVI Rose
  110. PRATS Joseph / MOURETTE Marie
  111. PUJOL Jean / SOLANE Françoise
  112. PY Barthélémi / MAILLOL Thérèse
  113. PY François / REIG Thérèse
  114. PY Jean / MASSOT Marie (décédée le 23/12/1835)
  115. PY Matthias / MAILLOL Marguerite
  116. RAMIO Jérôme / SERRE Thècle
  117. REIG François (décédé le 19/06/1831) / PY Marie
  118. REIG Joseph / ATXER Rose (décédé le 27/12/1835)
  119. REIG Pierre / BOUTET Catherine
  120. REIG Pierre / PARCE Bénédicte
  121. RIBES Alain / PAGES Françoise (décédée le 12/02/1835)
  122. RIBES Bonaventure / DRAPER Marie
  123. ROCARIAS André / CAMBON Marguerite
  124. ROCARIAS François / ESCOUBEÏROU Thérèse
  125. ROIG Jean / AROLES Rose
  126. SAGOLS Bonaventure / HOLLET Marguerite
  127. SAGOLS François / LAURET Brigitte
  128. SAGOLS Jean / MARCH Marguerite
  129. SAGOLS Jean / REIG Elisabeth
  130. SAGOLS Joseph / GALANGAU Thérèse
  131. SAGOLS Pierre / ALOUGES Claire
  132. SAGOLS Raymond (décédé le 14 mari 1735) / REDE Marie
  133. SALA Cyprien / COLOMINES Marie
  134. SARDA Antoine (de Saint-Laurent-de-la-Salanque) / JALABERT Françoise (d'Elne & veuve de BOIX Joseph)
  135. TOCABENS Gaudérique / RODO Catherine (de Saint-Clement Secèbes)
  136. TOCABENS Pierre / CAMPS Anne
  137. TROLLET Jean Antoine (décédé le 16/07/1819) / MASSOT Anne
  138. TROLLET Michel / COSTE Marie
  139. VASSAL Jean / DESSEAUX Adélaïde
  140. VERNET Augustin / GRIMAU Thérèse
  141. VILA Michel (d'Espagne) / BOSCH Thérèse 
  142. VILAREM François / PAGES Ursule
  143. VILAREM Jean / BAILLE Claire (décédée le 12/09/1832)
  144. VILAREM Jean / DATIU Thérèse
  145. VILAREM Jean (veuf de REIG Thècle) / FERRER Magdelaine (mineure)
  146. VILAREM George / TROLLET Françoise
  147. VILAREM Pierre / GARIDOU Thérèse
  148. VILAREM Raphaël / CAZES Thérèse
4 mai 2026

Les stratégies matrimoniales (1795-1815)

Analyse comparative des familles dominantes, 1737-1815

 

Les familles au long cours


Cinq familles apparaissent dans la quasi-totalité de nos instantanés sur l'ensemble de la période 1737-1815 : REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES et PI / PY. Leur présence régulière, malgré le traumatisme de 1793-1794, suggère un enracinement profond dans la communauté banyulencque.

REITX semble rester la famille la plus puissante démographiquement sur toute la période, avec 37 occurrences sur 1737-1785, puis 26 sur la seule période 1795-1815, confirmant une position dominante que même la guerre n'a pas ébranlée durablement.

 

Les familles dont la présence se réduit


Plusieurs familles importantes dans les registres paroissiaux 1737-1785 semblent s'effacer progressivement dans nos instantanés après 1795 :

  • BARBA, qui totalisait 9 occurrences sur 1737-1785, n'apparaît plus qu'à 2 reprises en 1795 et 2 en 1815, avec une absence totale en 1805.
  • PARER, solidement implantée avec 10 occurrences sur 1737-1785, se réduit à 2 occurrences en 1795, 2 en 1805 et aucune en 1815.
  • BATTLA suit une trajectoire similaire.
  • DOUSANS, présent avec 8 occurrences sur 1737-1785, n'apparaît plus qu'à 3 reprises en 1795, 1 en 1805 et 2 en 1815.

Ces observations doivent cependant être interprétées avec prudence. La nature même de notre dépouillement, un instantané tous les dix ans, ne permet pas d'affirmer que ces familles sont en déclin structurel. Elles peuvent très bien être présentes dans les années non dépouillées.

 

Les familles dont la présence s'affirme


À l'inverse, plusieurs familles peu représentées ou absentes dans les registres paroissiaux semblent s'affirmer dans nos instantanés dès 1795 : 

  • CABOT, modeste avec 8 occurrences sur 1737-1785, apparaît avec une fréquence croissante culminant à 7 occurrences en 1815.
  • ESCOUBEIROU présente avec 9 occurrences entre 1737 et 1785, double sa présence avec 9 mentions en 1795, 4 en 1805 et 5 en 1815. 
  • GUERRA, absente de nos instantanés paroissiaux, s'installe avec 4 occurrences en 1805 et 6 en 1815.
  • VILAREM, stable avec 12 occurrences sur 1737-1785, progresse nettement avec 6 occurrences en 1815.

 

Les nouvelles familles structurantes

  • FORGAS, totalement absente de nos instantanés paroissiaux, apparaît avec 4 occurrences en 1805 et 2 en 1815, s'intégrant progressivement au tissu social de Banyuls.
  • FERRER, présente mais discrète dans les registres paroissiaux avec 5 occurrences sur 1737-1785, connaît quant à elle une progression remarquable avec 7 occurrences en 1805 et 3 en 1815, s'affirmant comme une famille désormais structurante dans la communauté.
  • COSTA, présente de façon discrète avec 1 occurrence en 1737, 1 en 1765 et 1 en 1785, connaît une progression notable avec 4 occurrences en 1795 (dont un père prisonnier de guerre en Espagne) et 5 en 1805, avant de revenir à 2 en 1815. 

 

Une communauté transformée mais fidèle à elle-même

À ce stade de l'analyse, 1737-1815, la communauté banyulencque apparaît à la fois transformée et fidèle à elle-même : 

  • Transformée, car la guerre de 1793-1794 semble avoir redistribué les équilibres entre familles, accéléré le recul de certaines lignées dans nos instantanés et favorisé l'émergence de nouvelles.
  • Fidèle à elle-même, car le noyau endogame des grandes familles, REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PI / PY, demeure visible dans chacun de nos instantanés, perpétuant sur générations après générations les mêmes stratégies matrimoniales observées depuis 1737.
     

Les familles les plus citées

 

en 1795, 1805 & 1815

 

NOMS 1795 1805 1815 TOTAL
REIG 6 13 7 26
MAILLOL 9 7 8 24
SAGOLS 3 9 8 20
PAGES 8 5 6 19
ESCOUBEIROU 9 4 5 18
PY 7 5 5 17
VILAREM 3 3 6 12
CABOT 2 2 7 11
COSTE 4 5 2 11
GUERRE 0 4 6 10
FERRER 0 7 4 10
ATXER 4 3 2 9
MASSOT 3 3 3 9
BATTLA 2 4 2 8
ROCARIAS 3 2 3 8
CHELE 3 2 2 7
REDE 2 2 3 7
FORGAS 0 4 2 6
MARCH 1 2 3 6
PARCE 1 2 3 6
MATHEU 2 2 2 6
GALANGAU 1 0 4 5
MUNICH 1 1 3 5

 

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4 mai 2026

Le récapitulatif des noms de familles de 1795 à 1815 (L-Z)

Lettre L

 

NOMS 1795 1805 1815
LAFONT 0 0 1
LAFORGE 0 1 0
LAURET / LAURE / LLAURE 0 0 2
LLERRAS 1 0 0
LLOBERE 1 0 0

 

Lettre M

 

NOMS 1795 1805 1815
MACAYE 1 0 0
MADERN 2 0 0
MALLOL / MAILLOL / MAŸLLOL 9 7 8
MALE 0 1 0
MARC / MARCH 1 2 3
MARILL 0 0 1
MARSAL 0 0 1
MASSOT 3 3 3
MATHEU / MATHIEU 2 2 2
MAURI / MAURY 2 1 0
MIRO 0 0 1
MISBACAS 0 1 0
MOLI / MOLY 0 1 1
MONICH / MONIQUE / MOUNIC / MUNICH 1 1 3

 

Lettre N

 

NOMS 1795 1805 1815
NOGUET 1 0 0
NONGAILLARD 1 0 0

 

Lettre O

 

NOMS 1795 1805 1815
ORRIOL 2 0 0

 

Lettre P

 

NOMS 1795 1805 1815
PADERN 0 1 0
PAGES 8 5 6
PAIROTTE 0 1 0
PARCE 1 2 3
PARE / PARER 2 2 0
PAU 1 0 0
PAYRO 0 1 0
PY 7 5 5
PLA 0 0 1
PRATS 0 1 0
PRIM 0 1 0

 

Lettre Q

 

Néant

Lettre R

 

NOMS 1795 1805 1815
RAMEY 0 1 1
RAYMAND 0 1 0
REDE 2 2 3
REIG / REICHE / REITX 6 13 7
RETSA 1 0 0
REVER 0 1 0
RIBAS / RIBES 2 2 2
ROCALAURE 0 1 0
ROCARIAS / RAUQUARIES / ROQUARIES 3 2 3
ROMAN 0 0 1
ROMEU 0 1 0
ROQUE 1 0 0
ROUSSELL 0 0 1

 

Lettre S

 

NOMS 1795 1805 1815
SAGOLS 3 9 8
SALES 0 1 0
SALVI 0 0 1
SARADEL 2 0 0
SARAT 0 1 1
SICAREL 0 1 0
SOLANE / SOLANES 1 0 2
SOUGNE / SOUGNIE 0 0 1

 

Lettre T

 

NOMS 1795 1805 1815
TOSAS 0 0 1
TRIES 0 1 0
TROUILLET / TRULLET / TROLLET 1 1 0

 

Lettre U

 

Néant

Lettre V

 

NOMS 1795 1805 1815
VALLES 1 0 0
VALLS / BAILLS 0 1 1
VILA 0 1 0
VILAR 0 0 1
VILAREM / VILLAREM 3 3 6
VINGNES 0 0 1

 

Lettre W

 

Néant

Lettre X

 

Néant

Lettre Y

 

Néant

Lettre Z

 

Néant

3 mai 2026

Le récapitulatif des noms de familles de 1795 à 1815 (A-K)

Lettre A

 

NOMS 1795 1805 1815
AROLES 0 1 1
ATXER / ACHERS / ACHER / ACHE 4 3 2
AUDRAN 0 1 0
AYAX 0 2 0
AZEMA 0 0 1

 

Lettre B

 

NOMS 1795 1805 1815
BARBA / BARBE 2 0 2
BARRIOL 1 0 0
BASSERES 0 1 0
BATTLA / BAILLE 2 4 2
BAUS / BAUX 1 3 1
BEC 0 1 0
BECE 1 0 0
BLANC 0 0 1
BOHER 0 0 1
BONAFOS 2 0 2
BOUIX 0 0 1
BROUGAT 0 1 0

 

Lettre C

 

NOMS 1795 1805 1815
CABOT 2 2 7
CADENA / CADENE 0 0 1
CAMPAGNOL 0 1 0
CANAS 1 0 0
CARLES 0 1 1
CASES 0 1 0
CASALS / CAZALS 1 0 0
CASTAGNE 0 1 0
CASTELLO 0 0 1
CENTENE 0 0 1
CERBERE / CERVERE 1 0 1
CHELA / CHELE 3 2 2
COC 1 0 0
COLLA 1 0 0
COLLOM 1 0 0
COLOMER 1 0 0
COLOMINES 0 2 0
COMAS 0 1 0
COME 0 0 1
CORBERE 0 0 2

 

COSTA / COSSTA / COSTE 4 5 2

 

 

Lettre D

 

NOMS 1795 1805 1815
DARNER 0 0 1
DAIGUES 1 0 0
DIAS 1 0 0
DOUNIACH 0 1 2
DOUCENGA 1 0 0
DOUSANS / DOUZANS 3 1 2
DRAPER 0 1 0
DYAES 0 1 0

 

Lettre E

 

NOM 1795 1805 1815
ESCOUBEIROU / ESCOUBEÏROU 9 4 5

 

Lettre F

 

NOMS 1795 1805 1815
FABREGUE 0 0 1
FENOUILLET 0 1 1
FERRE / FERRER 0 7 3
FORGAS 0 4 2
FOUCHAC 0 1 0
FOUCHARE 1 0 0
FRANCES 0 0 1

 

Lettre G

 

NOMS 1795 1805 1815
GABY 1 0 0
GAIDA 0 1 0
GAGET 0 0 1
GALANGAU / GALLANGAUT 1 0 4
GAYOL 0 0 1
GERBAL 0 1 0
GIROU 0 1 0
GRANES 0 1 0
GRAU 0 1 0
GUERRA / GUERRE 0 4 6
GUISTAL 0 0 1

 

Lettre H

 

NOMS 1795 1805 1815
HERRE 0 0 2
HOLLET 0 0 1
HORTANCI 0 1 0

 

Lettre I

 

Néant

Lettre J

 

NOMS 1795 1805 1815
JORDA 1 0 2
JOUANOLE 0 0 1
JOUNCAS 0 1 0

 

Lettre K

 

Néant

3 mai 2026

Ier Empire, Restauration & Cent jours 1805 (11 nivôse An XIII-10 nivôse An XIV), 1815

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E278, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, An XI (1802)-1812

 

  1. AROLES Raÿmond / VILAREM Rose
  2. ATXER Antoine / MAILLOL Marie (décédé le 22 prairial An XIII)
  3. ATXER Bonaventure / MAILLOL Anne
  4. AUDRAN Marianon / REIG Cécile (couple non marié mais ayant déclaré la naissance d'un enfant le 11 floréal An XIII) 
  5. AYAX Joseph (décédé le 24 prairial An XIII) / REIG Catherine
  6. AYAX Joseph / GUERRE Rose (décédé avant le décès de son fils Joseph le 24 prairial An XIII) 
  7. BAILLE Matthias / PŸ Elisabeth
  8. BAILLE Sauveur / PŸ Marguerite
  9. BASSERES François / REIG Anne Marie
  10. BAUX Joseph / REVER Rose
  11. BAUX Laurent / CARBOUILL Marcelle (décédée avant le mariage de son fils Matthias le 13 vendémiaire An XIV)
  12. BAUX Matthias / COSSI Juste
  13. BEC Jacques / PAIROTTE Marie
  14. BROUGAT Jacques (de Figuèras) / HORTANCI Josèphe (de Figuèras)
  15. CABOT François / MAILLOL Marie
  16. CABOT Jean / PARER Anne
  17. CASES Gaspar (de Burrado) / SAGOLS Gente (mineure)
  18. CASTAGNE Paul / VILA Françoise
  19. COLOMINES François (décédé le 02/03/1782) / BERGER Marguerite
  20. COLOMINES Michel / PAGES Marie
  21. COMAS michel (orphelin mineur) / MISBACAS Marguerite (de Cantallops)
  22. COSTE Jean / SAGOLS Marguerite
  23. COSTE Cirile / REIG Marguerite
  24. DOUGNAC Michel / RIBES Catherine (décédée le 30 brumaire An XIV)
  25. DRAPER Jacques / PRIM Marie
  26. DŸAES Joseph (décédé avant la naissance de sa fille Agnès le 04 nivôse An XIV) / REIG Catherine
  27. ESCOUBEÏROU Michel / FORGAS Marie
  28. ESCOUBEIROU Pierre / MAURŸ Thérèse
  29. ESCOUBEÏROU Vincent / RAUCARIES Catherine
  30. FERRE Antoine / SAGOLS Claire
  31. FERRER Jean Ange / TOURONY Marie
  32. FERRER Izidore / MASSOT Rose
  33. FOGAS Jean (décédé avant le mariage de sa fille Marie, le 17 vendémiaire An XIV) / MUNICH Rose
  34. FORGAS Laurens / REIG Madelaine
  35. FOUCHAC Jean / REDE Marguerite
  36. GAÏDA Etienne / SICAREL Gulia
  37. GIROU Rafaël (de la Selva) / COSTE Marie 
  38. GRANES Pierre (de Palau-del-Vidre) / PAGES Marguerite 
  39. GUERRE André (décédé le 28 fructidor An II) / PARCE Catherine
  40. GUERRE François / GRAU Marguerite
  41. GUERRE Gaudérique / LAURE Françoise
  42. JOUNCAS Izidore / MATHEU Françoise
  43. LAFORGE Jean / FERRE Marie
  44. MAILLOL François / BAILLS Marguerite
  45. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse
  46. MAILLOL Jean (décédé le 24 frimaire An VI) / GALŸ Marie (décédée le 1er nivôse An XIV)
  47. MAILLOL Pierre / RAMEŸ Marguerite
  48. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  49. MASSOT Martin / FERRER Thérèse
  50. MATHEU Jean / COLOMINES Elisabeth
  51. MOLŸ Jacques / GUERRE Agnès
  52. ORIOL Paul / MAILLOL Thérèse (décédé le 12 germinal An XIII)
  53. PAGES François / REDE Cécile
  54. PAGES Paul / FENOUILLET Françoise
  55. PAGES Pierre / GERBAL Marguerite
  56. PAGES Raphaël / BAILLE Ursule
  57. PARCE Baptiste / CHELE Catherine
  58. PARCE Joseph / COSTE [Illisible]
  59. PARER Joseph / SAGOLS Rose
  60. PAŸRO Jean / BAUX Marie
  61. PRATS Joseph / PŸ Françoise
  62. PŸ François / ATXER Paule
  63. PŸ Barthélémi / BAILLE Marie 
  64. RAŸMAND Marc (de Gruissan) / CAMPAGNOL Jeanne (de Collioure)
  65. REIG André / SAGOLS Elisabeth 
  66. REIG André (décédé avant le mariage de son fils André le 1er jour complémentaire An XIII) / CERBERE Marianne
  67. REIG François / COLOMER Catherine
  68. REIG François / FORGAS Marie
  69. REIG François / PŸ Marie
  70. REIG Paul / CARLES Marie
  71. REIG Silvestre / SAGOLS Rose
  72. RIBES Pierre / FERRER Marie
  73. ROCALAURE Pierre / ALLEGRE Marie
  74. ROCARIES Joseph (décédé le 25 vendémiaire An XIV) / PADERN Juste
  75. ROMEU Joseph / MALE Rose
  76. SAGOLS Antoine / PARER Rose (décédée avant le mariage de sa fille Gente, le 25 floréal An XIII)
  77. SAGOLS François / [X] Françoise
  78. SAGOLS Jean / PŸ Marguerite
  79. SAGOLS Raÿmond / COSTE Rose
  80. SAGOLS Vincent (décédé le 04 messidor An II) / MARCH Anne 
  81. SALES Pierre (de Santa-Pau) / TOSAS Rose (de Santa-Pau & décédée le 05 messidor An XIII)
  82. SALES Pierre veuf de TOSAS Rose / SOUGNIE Marie (de Sant-Kirk de Colera)
  83. SARRAT Jacques / ESCOUBEIROU Marthe
  84. TROLLET Jean / MASSOT Anne
  85. VILAREM Cosme / DOUZANS Eulalie
  86. VILAREM François / FERRER Anne
  87. VILAREM Pierre / CHELE Grâce

 

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E279, Registres d'état-civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, 1813-1822

 

  1. AROLES Jean / BOUQUET Catherine
  2. AZEMA Vincent / BAUX Thérèse
  3. BAILLE Sauveur / PY Marguerite
  4. BAILLS Vincent / GAYOL Marthe
  5. BARBE Joseph / PAGES Françoise
  6. BLANC Jean / FORGAS Marguerite
  7. BOHER Joseph / MAILLOL Magdelaine
  8. BONAFOS Honoré / MUNICH Rose
  9. BONAFOS Honoré / SAGOLS Marguerite
  10. BOUIX Martin / GUISTAL Marie
  11. CABOT Antoine (décédé avant le mariage de son fils François, le 27/05/1815) / GUERRE Marie
  12. CABOT François / BARBE Marie
  13. CABOT François / ROCARIES Juste (veuve de CAMPAUX Etienne)
  14. CABOT François / PAGES Elisabeth (mineure)
  15. CABOT Joseph / CORBERE Marianne (veuve de PAGES François)
  16. CABOT Joseph / GALANGAU Marie
  17. CABOT Sauveur / ROCARIES Thérèse
  18. CADENE Jean / REIG Rose
  19. CASTELLO Jean / FABREGUE Marie
  20. CENTENE Joseph (de Prats-de-Mollo, décédé le 09/09/1815) / HERRE Rose
  21. CERBERE Vincent / LAURET Marianne
  22. CHELE Antoine (décédé avant le mariage de son fils Jean, le 19/05/1815) / CARLES Baudile
  23. CHELE Jean / DOUGNAC Catherine
  24. CORBERE Pierre / MARCH Magdelaine
  25. COSTE Pierre / ATXER Thérèse
  26. DOUGNAC Michel / GUERRE Rose (décédée avant le mariage de sa fille Catherine, le 19/05/1815)
  27. ESCOUBEIROU Joseph / GUERRE Marie
  28. ESCOUBEIROU Pierre / GUERRE Catherine
  29. FERRER Jean-Ange / TOURON Marie
  30. FORGAS Gabriel / ATXER Marie
  31. FRANCES Vincent (de Collioure) / ESCOUBEIROU Catherine (mineure)
  32. GAGET Jean / REIG Lucie
  33. GALANGAU François / SAGOLS Marthe
  34. GALANGAU Joseph / DOUZANS Anne
  35. GUERRE André / PARCE Catherine
  36. GUERRE Gaudérique / LLAURE Françoise
  37. HERRE Sauveur / GALANGAU Rose
  38. HOLLET Pierre / PARCE Marguerite
  39. JOUANOLE Izidore / MATHEU Françoise
  40. LAFONT Michel / MAILLOL Elisabeth
  41. MAILLOL Izidore / MARILL Elisabeth
  42. MAILLOL Jacques / ESCOUBEÏROU Thérèse
  43. MAILLOL Joseph / CABOT Rose
  44. MAILLOL Jean / DARNER Maresca
  45. MAILLOL Pierre ou Michel selon les déclarations / COSTE Thérèse
  46. MAILLOL Pierre / RAMEY Catherine
  47. MARCH Izidore / FERRER Thérèse
  48. MASSOT Jean / PY Thérèse
  49. MASSOT Martin / FERRER Thérèse
  50. MASSOT Pierre / GALANGAU Marie
  51. MATLLO François (de Calde de Malaville et veuf de NORILL Marie) / GUERRE Thérèse
  52. MIRO Jean (de Commany) / CANTAINGS Rose (de Maçanet)
  53. MOLY Jacques (de Saint-André-del-Mont et veuf de GUERRE Agnès) / MUNICH Marie
  54. MONICH Joseph / BARBE Rose
  55. MOŸ Jacques (décédé avant la naissance de Marguerite la fille de sa femme le 31/12/1815) / CERBERE Marie (veuve de MOŸ Jacques)
  56. MUNICH Pierre / REDE Lucie
  57. MUNICH Pierre / MAILLOL Marguerite
  58. PAGES Jean / ESCOUBEÏROU Thérèse
  59. PAGES Paul / FENOUILLET Françoise
  60. PARCE Joseph (orphelin dont les parents PARCE Antoine & MADERN Marie sont morts en 1794) / MAILLOL Brigitte
  61. PLA Jacques / [X] Catherine
  62. PY François / CABOT Thérèse
  63. PY Honoré / COMES Thérèse
  64. PY Pierre / ESCOUBEIROU Marie
  65. REIG Matthias / MARCH Marguerite
  66. REIG Pierre / PAGES Marie
  67. RIBES Joseph / MARSAL Marguerite
  68. ROCARIES Antoine (décédé avant le mariage de sa fille Juste le 27/05/1815) / CABOT Thérèse
  69. SAGOLS Jean / PY Marguerite
  70. SAGOLS Jean / VILAREM Anne
  71. SAGOLS Raymond / REDE Marie
  72. SAGOLS Raymond (décédé avant le décès de son fils Raymond le 02/09/1815) / VILAREM Grace
  73. SAGOLS Vincent / LAURET Josèphe
  74. SALVI Joseph / ROUSSELL Brigitte
  75. SARRAT Baudile / ROMAN Louise
  76. SOLANE Bonaventure / JORDA Ritte
  77. SOLANE Joseph / MURI Marie
  78. SOUGNE Jean / FRECHE Lucie
  79. TRIES Michel (de Coléra) / PARCHES Catherine (de Coléra)
  80. VINGNES Joseph / ESCOUBEIROU Françoise
  81. VILAR Jacques / JORDA Françoise
  82. VILAREM André / REIG Marguerite
  83. VILAREM Cosme / DOUZANS Eulalie
  84. VILAREM François / REIG [Illisible]
  85. VILAREM Jean / BAILLE Claire
  86. VILAREM Vincent / SAGOLS Tècle

Analyse


La période 1795-1815 illustre parfaitement la reconstitution puis la consolidation démographique de Banyuls après le traumatisme de 1793-1794. Le passage de 630 habitants en 1793 à 755 en 1800, 1032 en 1806 puis 1497 en 1821 se traduit directement dans les registres par une augmentation significative du nombre de couples recensés : 69 en 1795, 87 en 1805, 86 en 1815. Cette croissance concrète, mesurée famille par famille, témoigne de la vitalité retrouvée de la communauté.

 

La consolidation du noyau endogame
 

La tendance la plus frappante sur la période est le spectaculaire rebond de REITX, qui passe de 6 occurrences en 1795 à 13 en 1805, retrouvant ainsi sa position dominante observée dans les registres paroissiaux 1737-1785, avant de se maintenir solidement en 1815. SAGOLS connaît une progression comparable, passant de 3 occurrences en 1795 à 9 en 1805. Ces deux familles, momentanément affaiblies par la guerre, confirment leur enracinement profond dans la communauté.

MAILLOL recule légèrement de 9 à 7 occurrences entre 1795 et 1805, mais reste une famille majeure en 1815. PAGES, PI/PY et VILAREM maintiennent une présence stable sur toute la période, témoignant de la solidité du noyau endogame. CABOT connaît quant à lui une expansion remarquable, passant de 2 occurrences en 1795 et 1805 à 7 en 1815, suggérant une famille en pleine croissance démographique.

 

L'émergence et l'affirmation de nouvelles familles structurantes
 

Entre 1795 et 1815, certaines familles absentes ou marginales en 1795 s'affirment progressivement comme des acteurs importants de la communauté. FERRER apparaît avec 7 occurrences en 1805 alors qu'elle était absente en 1795. GUERRA s'installe durablement, passant de 4 occurrences en 1805 à 6 en 1815, tout comme ESCOUBEIROU et GALANGAU qui confirment leur présence. Ces familles, venues combler le vide démographique de 1793-1794, sont désormais pleinement intégrées à la communauté banyulencque.

 

La persistance des stratégies matrimoniales
 

Malgré ces bouleversements, les grandes familles endogames, comme REITX, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PARER, REDE, VILAREM, continuent de se marier entre elles, perpétuant les logiques observées depuis 1737. On marie toujours des MAILLOL avec des CABOT, des SAGOLS avec des VILAREM, des REITX avec des PAGES. L'exogamie reste présente, comme en témoignent les mentions explicites de conjoints venus de Figuères, Burrado, Palau-del-Vidre, Gruissan, Collioure, Santa-Pau, Sant-Kirk de Colera, Commany ou Coléra, mais elle concerne toujours principalement les familles moins implantées.

 

Une communauté qui garde ses traces de guerre


La mention explicite de PARCE Joseph, orphelin dont les parents sont morts en 1794, rappelle que les séquelles humaines de la guerre franco-espagnole sont encore présentes vingt ans après. Cette trace mémorielle dans les actes d'état civil illustre la profondeur des traumatismes laissés par la période 1793-1794 dans la communauté banyulencque.

2 mai 2026

Ière République : 1795 (12 nivôse An III-10 nivôse An IV)

La source et ses rédacteurs

Le présent dépouillement porte sur le premier registre d'état civil de la commune de Banyuls-sur-Mer, conservé aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales sous la cote Série 2E275-277. Pour l'année 1795, deux officiers municipaux se succèdent à la rédaction des actes :

  1. ROCARIAS André, du 12 nivôse An III au 22 brumaire An IV (1er janvier au 13 novembre 1795) : Pêcheur et fils de brassier, ROCARIAS André maîtrise imparfaitement le français. Ses actes mêlent les deux calendriers, phonétisent les noms catalans et présentent une graphie approximative. Il ne note par ailleurs pas systématiquement les noms de jeune fille des épouses et féminise leurs noms de famille (MALLOL devient MALLOLA), rendant leur identification parfois délicate.
  2. CABOT François à partir du 23 brumaire jusqu'au 10 nivôse An IV (14 novembre au 31 décembre 1795) :  Mieux formé à l'usage du français écrit, il produit des actes sensiblement plus lisibles et plus rigoureux, dans un français toujours mâtiné de catalan mais parfaitement compréhensible.

Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, Série 2E275-277, Registre de la municipalité de Banyuls-sur-Mer, An II-An X (1793-1801)

 

  1. ACHERS [ATXER] François (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Paule le ? pluviôse An III) / PAGES Rose
  2. ACHERS [ATXER] Michel / REICHE [REITX] Marie
  3. ACHERS [ATXER] Pierre / DAIGUES Francesca
  4. BAILLE [BATTLA] Jean / PY Claire
  5. BARBA Genaro / MALLOL Margarida
  6. BARBA Jossep / ACHERS [ATXER] Ana
  7. BONAFOS Honoré (décédé avant le mariage de son fils Jean le 20 germinal An III) / PAGES Roze
  8. BONAFOS Jean / RAUQUARIAS Marie
  9. CABOT Antoni (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Rose le 20 germinal An III) / [X] Marie
  10. CAZALS Jean / CANAS Mariane (de Llança)
  11. CERBERE Pierre / [X] Magdeleine
  12. COC Gerome (d'Argeles) / MAURI Rose
  13. COLOMER Louis (de Collioure) / PŸ Catherine
  14. COSSTA Joan / COLLOM Rossa
  15. COSTA Jacques (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Bénédicte le ? pluviôse An III) / REICHE [REITX] Catherine
  16. COSTE Pierre / PAGES Juste
  17. COSTE Raphaël / MAILLOL Mariange
  18. DIAS Antoine / [X] Metille
  19. FOUCHARE Jean (de Roquaforta) / REDA Marguerite
  20. GALLANGAUT Raphaël / [X] Angèle
  21. LLERAS Gil / [X] Marie
  22. LOUBERES Jean / [X] Françoise
  23. MACAŸE Pierre (de Collioure et veuf d'une première noce) / PŸ Francisque
  24. MADERN Joseph / [Illisible] Marie
  25. MAILLOL Jean / GABŸ Magdelaine
  26. MALLOL Josep / CABOT Rose
  27. MALLOL Vicens (décédé avant la naissance de sa fille Rosa, le 07/02/1795) / PAGES Rosa
  28. MALLOL Vincens / BASSUNA Maria
  29. MALLOL Vincent / [X] Victoire
  30. MAŸLLOL Sidore / SARADEL Issebel
  31. MARC André / SAGOLS Anne
  32. MASSOT Jean (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Anne le 1er germinal An III) / BARRIOL Anne (décédée avant le mariage de sa fille Anne le 1er germinal An III)
  33. MATHIEU Jacques / PAGES Angélique
  34. MATHIEU Girome / MADERN Therese
  35. MAURI Silvestre / SAGOLS Margarida
  36. NOGUET Jean (de Prats-de-Mollol) / DOUCENGA Roze (de Prats-de-Mollo)
  37. NONGAILLARD Joseph (de Claira) / BAILLE Françoise
  38. ORRIOL Baldare / [X] Narcisse
  39. ORRIOL Paul / MAILLOL Taireza (âgée de 14 ans)
  40. PAGES Frances / RAUQUARIAS Juste (décédée le 18/06/1795)
  41. PAGES Jossep / [X] Marie
  42. PAGES Manuel / BECE Catharina (de Prats-de-Mollo)
  43. PAGES Pierre dit "Cardine" / COLLA Juste
  44. PARCE Josep / COSTA Bénédicte
  45. PARER Joseph / MOUNIC [MUNICH] Marie
  46. PŸ François / ACHERS [ATXER] Paule
  47. PŸ François (décédé avant le mariage de sa fille Catherine, le 24 pluviôse An III) / MAILLOL Catherine
  48. PŸ François (décédé avant le mariage de sa fille Francisque le 30 pluviôse An III) / MONIQUE [MUNICH] Marguerite
  49. PŸ François / MAILLOL Therese
  50. PY Joseph / BAUS Thereze
  51. PŸ [X] / RETSA Maria
  52. RAUQUARIAS André (officier municipal) / CABOT Taressa
  53. REDA [Illisible] / [X] [Illisible]
  54. REDA Pierre / PARE Marguerite
  55. REICHE [REITX] Sebastian (prisonnier de guerre lors du mariage de sa fille Marie, le ? pluviôse An III) / ROQUARIES Rose
  56. REIG François / CHELA Marguerite
  57. REIG François / PŸ Marie
  58. REIG Jean / ATXE [ATXER] Elisabeth
  59. RIBAS Jean / MASSOT Margarida
  60. RIBAS Pierre / [X] Marie
  61. ROQUE Joseph (de Perpignan) / REICHE [REITX] Rose 
  62. SARADEL Joaquim / JORDA Marie
  63. SAGOLS Jacques / [X] Rose
  64. SOULLANA [SOLANES] Bartellemi / MALLOL Marguerida
  65. TROUILLET [TRULLET] Jean / MASSOT Anne
  66. VALLES Baptiste (de Llança) / PAU Marguerite
  67. VILAREM André / REIG Marguerite
  68. VILLAREM Frances (officier municipal) / [X] Maria
  69. VILAREM Paul / CHELA Elisabeth

Analyse


La guerre franco-espagnole de 1792-1795 constitue le fait structurant qui conditionne l'ensemble des données de 1795. L'occupation espagnole du 15 décembre 1793 au 27 mai 1794 plonge Banyuls dans une crise sans précédent : 8 habitants tués lors de la bataille du Puig-del-Mas les 15 et 16 décembre 1793, 108 Banyulencs déportés le 16 décembre dans les prisons espagnoles, soit plus d'un tiers des hommes que la commune pouvait mobiliser, dont certains transférés jusqu'au camp de travail d'Orotava sur l'île de Tenerife. La famine qui s'ensuit provoque une surmortalité sans précédent : 137 décès contre 30 en moyenne les années précédentes, avec un pic de 2 morts par jour entre le 19 février et le 20 mars 1794. En l'espace de quelques mois, la commune passe de 1200 habitants en 1789 à 630 en 1793.


Les traces de ce traumatisme sont directement lisibles dans les actes de 1795. Cinq pères de famille ATXER (écrit ACHERS) François, CABOT Antoni, COSTA Jacques, MASSOT Jean et REIG (écrit REICHE) Sébastien, sont encore prisonniers de guerre dans les geôles espagnoles lors des mariages de leurs enfants. Les nombreuses mentions de pères et mères décédés avant le mariage de leurs enfants témoignent quant à elles de l'ampleur de la surmortalité de 1793-1794.


Ce vide démographique brutal appelle un renouvellement de la population. La rupture la plus spectaculaire par rapport aux registres paroissiaux 1737-1785 est en effet l'apparition massive de familles nouvelles, dont plusieurs sont explicitement identifiées comme extérieures à la commune : COC Gerome d'Argelès, COLOMER Louis et MACAYE Pierre de Collioure, FOUCHARE Jean de Roquaforta, NOGUET Jean et PAGES Manuel de Prats-de-Mollo, NONGAILLARD Joseph de Claira, VALLES Baptiste de Llança, ROQUE Joseph de Perpignan. Ces arrivées ne sont pas le fruit du hasard. Elles reflètent la nécessité pour une communauté exsangue de combler ses besoins en main d'œuvre et en habitants, en ouvrant ses portes à des familles venues des paroisses et communes voisines.


Pourtant, malgré l'ampleur du bouleversement, la communauté banyulencque révèle une remarquable capacité de résilience. Les grandes familles implantées depuis le début du XVIIIe siècle sont encore bien présentes en 1795 : MAILLOL (9 occurrences), PAGES (8), PI / PY (7) et REIG (6) restent les familles les plus représentées, confirmant un enracinement que même la guerre n'a pas réussi à effacer. SAGOLS, ROCARIAS, VILAREM et MASSOT maintiennent également une présence significative.


Cette résilience se manifeste également dans la persistance des stratégies matrimoniales. Les grandes familles continuent en 1795 de se marier entre elles, des MAILLOL avec des PAGES, des SAGOLS avec des MARCH, des REITX avec des CHELE, perpétuant ainsi les logiques endogames observées tout au long de la période 1737-1785. Mais la guerre a profondément modifié les équilibres. L'exogamie s'accentue nettement, avec l'entrée dans la communauté de nombreuses femmes aux noms nouveaux, BASSUNA, COLLOM, DAIGUES, DOUCENGA, GABY, SARADEL ..., venues de l'extérieur. Cette double dynamique, endogamie des familles établies, exogamie croissante liée au renouvellement démographique imposé par la guerre, témoigne de la capacité de la communauté banyulencque à se reconstituer après le traumatisme de 1793-1794, tout en préservant ses structures sociales et matrimoniales fondamentales. Cette double dynamique se traduit d'ailleurs concrètement dans le nombre de couples. Avec 69 couples recensées en 1795 contre 61 en 1785, la communauté banyulencque manifeste une volonté explicite de se reconstruire après le traumatisme de 1793-1794.

1 mai 2026

Les stratégies matrimoniales (1737-1785)

I. Un noyau endogame dominant


A) Les grandes familles se marient entre elles

Les familles REIG, SAGOLS, MAILLOL, PAGES, PARER, REDE et VILAREM forment un réseau matrimonial largement endogame sur l’ensemble de la période. Elles fournissent à la fois des époux et des épouses, ce qui suggère une logique de consolidation patrimoniale et de maintien des équilibres familiaux au sein de la communauté.

 

B) Des dynamiques familiales contrastées au sein de ce noyau

Certaines familles connaissent une progression marquée, comme ATXER, MARCH ou GALANGAU, tandis que d'autres déclinent progressivement, telles BARBE ou BATTLE. Ces évolutions redistribuent les équilibres internes sans remettre en cause l’existence du noyau endogame.

 

II. Une exogamie féminine révélatrice

 

A) Des femmes venues d'ailleurs

Un nombre significatif de femmes aux noms uniques comme SANTAREILLE, POMAROLAS, VILARDELL, COMMEMALE, GIRONELLE, ROUDIERE, TROUNYO, PRIMAIRE..., n'apparaissent qu'une seule fois dans les registres. Elles viennent probablement de l'extérieur de la paroisse et épousent des hommes de Banyuls soit moins bien dotés, soit des cadets sans héritage.

 

B) Une ouverture géographique croissante

Les mentions explicites de conjoints originaires d’autres paroisses comme Collioure, Argelès, Montferrer, Thuir, se multiplient à partir des années 1780, suggérant une ouverture progressive des réseaux matrimoniaux. Cette évolution ne remet pas en cause le noyau endogame, mais introduit une diversification croissante des alliances.


Cette asymétrie suggère un modèle matrimonial dans lequel les hommes s’inscrivent majoritairement dans la continuité locale, tandis que les femmes constituent le principal vecteur d’ouverture.

 

III. Une communauté en croissance

 

A) Le quasi doublement des couples en 50 ans

1737 : 37 couples
1745 : 31 couples
1755 : 36 couples
1765 : 46 couples
1775 : 50 couples
1785 : 61 couples

 

B) Une communauté qui s'ouvre et s'accroît

Le nombre total d’occurrences augmente régulièrement entre 1737 et 1785, avec une accélération notable dans les années 1780 marquée par l’apparition de nombreux noms nouveaux. Cette croissance démographique s’accompagne d’une diversification des origines, signe d’une communauté dynamique et attractive pour les populations des paroisses voisines.

 

IV. Hypothèse d'une corrélation entre démographie familiale et patrimoine

La fréquence d’apparition d’un nom de famille dans les registres paroissiaux peut constituer un indicateur indirect de la puissance patrimoniale d’une famille. En effet, une famille nombreuse et durablement implantée, comme les REIG (37 occurrences), les SAGOLS (24) ou les MAILLOL (20), suppose une assise foncière suffisante pour entretenir plusieurs générations.


Cependant, les registres paroissiaux ne permettent pas de distinguer clairement propriétaires et exploitants. Une famille nombreuse peut l’être en raison de ses possessions, mais aussi parce qu’elle constitue une main-d’œuvre agricole au service de familles mieux dotées.


Pour valider cette hypothèse, il serait nécessaire de croiser ces données avec des sources notariales tels les contrats de mariage, les testaments, les actes de vente, ainsi qu’avec les plans cadastraux napoléoniens de 1814. Un tel travail dépasse toutefois le cadre de la présente étude.


Cette hypothèse doit donc être envisagée comme une piste de recherche. Elle est cohérente avec les observations, mais ne peut être démontrée avec les seules sources mobilisées ici. Elle invite à dépasser les registres paroissiaux pour mieux saisir les hiérarchies sociales locales.

 

Les familles les plus citées

 

NOMS 1737 1745 1755 1765 1775 1785 TOTAL
REIG 4 4 7 7 10 5 37
SAGOLS 1 4 3 5 7 4 24
MAILLOL 3 3 1 4 3 6 20
PAGES 3 1 1 3 2 5 15
ATXER 1 2 2 0 6 3 14
REDE 2 1 3 2 3 2 13
MASSOT 0 2 4 3 1 3 13
VILAREM 2 0 2 2 2 4 12
PI / PY 2 1 1 2 3 2 11
MARCH 0 1 0 1 3 5 10
PARER 1 2 2 3 1 1 10
BARBE 3 4 1 0 1 0 9
BATTLE 2 0 1 3 1 2 9
ESCOUBEIROU 1 0 1 2 3 2 9
CABOT 2 0 0 3 1 2 8
DOUSANS 0 2 0 3 0 3 8
CHELE 1 0 1 2 1 2 7
GALANGAU 1 1 0 0 1 4 7
JORDA 0 0 1 2 0 3 6
ROCARIAS 0 0 1 2 2 1 6

 

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